Rand Paul, candidat à la présidentielle, appelle les USA à ne pas envahir d'autres pays

© REUTERS / Joshua RobertsU.S. Sen. Rand Paul (R-KY) arrives in the House Chamber prior to Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu's address to a joint meeting of Congress in the House Chamber on Capitol Hill in Washington, March 3, 2015
U.S. Sen. Rand Paul (R-KY) arrives in the House Chamber prior to Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu's address to a joint meeting of Congress in the House Chamber on Capitol Hill in Washington, March 3, 2015 - Sputnik Afrique
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Rand Paul: "A chaque fois que nous renversons un dictateur, on constate le chaos et la montée de l'islam radical. Il faut mieux peser si une intervention est utile ou non".

Dans le New Hampshire aux États-Unis le sénateur républicain Rand Paul, qui a récemment annoncé son intention de se présenter à la présidentielle de 2016, a déclaré dans un discours devant ses militants que les États-Unis devaient minutieusement peser les conséquences de leurs interventions extérieures, en évitant de s'y lancer si cela risquait de conduire à une escalade, écrit mardi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

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"Dans notre parti certains voudraient aujourd'hui voir des troupes américaines dans six pays, voire plus. C'est ce qui les distingue de moi. Ils critiquent Barack Obama ou Hillary Clinton pour leur politique étrangère, mais auraient fait la même chose puissance 10", souligne Rand Paul.

"A chaque fois que nous renversons un dictateur, on constate le chaos et la montée de l'islam radical. Il faut mieux peser si une intervention est utile ou non. Certains membres de notre parti pensent que c'est toujours le cas. Ils soutenaient les fournitures d'armes au régime de Mouammar Kadhafi, puis aux "combattants pour la liberté" libyens, qui sont passés du côté d'Al-Qaïda." Rand Paul a noté qu'il n'appelait pas les USA à s'extraire des affaires internationales et renoncer à la protection de leurs intérêts nationaux", mais, selon lui, "il faut avant tout ne pas nuire".

Il a détaillé sa pensée en prenant l'exemple de l'État islamique. "Ce mal, d'où vient-il? Nous avons balancé près de 600 tonnes d'armements et de munitions dans la guerre civile en Syrie. Mais il n'y a pas de bon camp dans une guerre civile. Et une grande partie des armes fournies aux rebelles se sont retrouvées entre les mains de l'EI. D'un côté le président Bachar al-Assad, de l'autre: les islamistes. Demandez aux chrétiens de Syrie qui ils choisiraient: Assad ou l'EI? Assad, évidemment, parce qu'il est plus tolérant. Certes, ce n'est pas un homme parfait, c'est un tyran, mais comparez-le d'abord à l'EI", affirme Rand Paul.

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En rappelant l'attaque contre la représentation diplomatique des USA à Benghazi en 2012, qui a coûté la vie à l'ambassadeur des USA en Libye, le sénateur s'interroge: "Pourquoi nous sommes-nous ingérés en Libye en première ligne?". Et d'ajouter: "Tous ceux qui me critiquent aujourd'hui exigeaient à l'époque l'envoi de nos troupes sur place. Mais l'intervention en Libye était une erreur. Le monde n'est pas devenu plus sûr pour autant. Au final, les islamistes se sont baignés dans la piscine de notre ambassade de Tripoli. C'est une catastrophe".

Le discours de Rand Paul répondait aussi bien aux partisans des interventions libérales dans l'administration qu'aux faucons du parti républicain, qui pensent que le sénateur a une approche isolationniste. La plupart des républicains soutiennent une ligne de politique étrangère ferme et critiquent l'administration du président démocrate pour sa souplesse excessive, y compris vis-à-vis de Cuba, de l'Iran, de la Russie et de la Syrie. Alors que Rand Paul est considéré comme un partisan des vues libertariennes, prônant la réduction du rôle de l'État dans la politique, y compris étrangère et économique.

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