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    Manifestations contre le TTIP

    Les négociations sur la zone de libre-échange UE-USA traînent en longueur

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    Novye Izvestia
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    "La création d'une zone de libre-échange (ZLE) entre l'Union européenne et les États-Unis doit être réglée au plus vite", a déclaré à Sydney la chancelière allemande Angela Merkel lors de son entretien avec le premier ministre australien Tony Abbott, écrit mercredi le quotidien Novye Izvestia.

    Selon elle, "malgré un certain progrès dans les négociations, les parties sont encore très loin d'un accord à part entière". Merkel a annoncé que ce sujet avait également été évoqué en marge du sommet du G20 en novembre 2014 à Brisbane.

    La signature du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) entre l'UE et les USA était prévue pour fin 2014. Cependant, les négociations entre les émissaires de Bruxelles et de Washington, qui ont démarré l'été dernier, se poursuivent jusqu'à aujourd'hui.

    Ce temps de réflexion n'est pas étonnant: il est tout de même question de la création du plus grand marché commun de toute l'histoire. Après tout, l'UE et les USA représentent 50% du PIB mondial, 33% du commerce mondial de marchandises et 42% du commerce mondial des services. Selon le pronostic de la Commission européenne, la signature du TTIP permettrait d'augmenter le PIB de l'UE de 153 milliards de dollars par an d'ici le milieu des années 2020 et celui des USA de 115 milliards, et les économies d'autres pays ajouteraient au total à leur PIB 128 milliards de dollars.

    Les experts ne sont pas unanimes quant à savoir à qui profiterait davantage la ZLE euro-américaine et qui serait moins favorisé.

    Angela Merkel est persuadée que le Vieux Continent ne sera pas perdant — qui plus est son pays. "Si l'Allemagne veut conserver, dans dix ans, des exportations élevées, si l'Europe veut se remettre sur pieds au niveau économique, si nous voulons aller de l'avant, nous devons nous consacrer entièrement aux négociations, en travaillant avec assiduité et conviction", avait déclaré la chancelière au congrès du CSU à Nuremberg en juillet dernier.

    Elle n'a pas changé d'avis depuis. En revanche, les rangs des opposants au TTIP se sont considérablement élargis. Les citoyens de la zone euro sont nombreux à s'opposer à cet accord, y compris parmi les Allemands. Près de 400 manifestations se sont déroulées dans 24 pays de l'UE en octobre 2014.

    Yannick Jadot, des Verts, met en garde contre les marchandises américaines qui pourraient inonder l'Europe: "Nous ne voulons pas de produits alimentaires génétiquement modifiés, de bœuf élevé aux hormones de croissance, de poulet chloré". Le secteur agricole français et d'autres pays de l'UE est alarmé par la perspective d'une annulation des taxes douanières. Les critiques du TTIP sont convaincus que cela entraînerait une délocalisation partielle des emplois d'Europe aux USA, où les droits des syndicats sont limités et la législation du travail protège moins les employés.

    Selon Alexeï Kouznetsov, directeur du Centre d'études européennes de l'Institut des relations internationales et de l'économie mondiale de Moscou (IMEMO), le TTIP implique une priorité de l'économie et du commerce sur les liens politiques et culturels. L'expert est persuadé que de telles relations, quand le profit et le commerce passent au premier plan, sont propres au modèle anglo-saxon de l'État mais ne conviennent pas à l'Union européenne en raison de son caractère hétérogène.

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    Tags:
    Traité de partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP), zone de libre-échange, Union européenne (UE), Alexeï Kouznetsov, Yannick Jadot, Angela Merkel, États-Unis
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