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    Tatars de Crimée

    Ankara envoie une délégation en Crimée

    © Sputnik . Konstantin Chalabov
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    Après que le président russe Vladimir Poutine a rappelé qu'il considérait les événements de 1915 dans l'Empire ottoman comme un "génocide", le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan lui a demandé de "se souvenir de la Crimée" et une délégation turque officieuse s'est rendue dans la péninsule pour évaluer la situation des Tatars de Crimée, écrit mercredi le quotidien Kommersant.

    Toutefois, cette rhétorique d'Erdogan vis-à-vis de Moscou vise plutôt la population locale et Ankara ne compte pas exacerber le conflit. La Turquie n'a pas l'intention d'annuler la rencontre des ministres des Affaires étrangères de la Russie et de la Turquie prévue mi-mai à Antalya.

    Ces échanges entre Ankara et Moscou ont commencé la semaine dernière, quand Vladimir Poutine s'est rendu à Erevan pour participer à la cérémonie d'hommage aux victimes du génocide arménien dans l'Empire ottoman. Le président russe a employé le terme "génocide" une seule fois: "La Russie a initié et participe à divers actes juridiques internationaux qui ont posé les bases du droit criminel international en vigueur, y compris la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide".

    Néanmoins, la réaction du ministère des Affaires étrangères de la Turquie a été très dure: il a été suggéré à la Russie de regarder sa propre histoire, qui contiendrait "au moins autant d'épisodes tombant sous la définition de génocide". Quelques jours plus tard le président Erdogan a déclaré que le discours de Vladimir Poutine à Erevan l'avait profondément déçu, et il a appelé la Russie à "se souvenir de la Crimée". Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov espère tout de même que cet incident ne se reflétera sur le développement des relations russo-turques.

    L'arrivée de militants turcs des droits de l'homme en Crimée avait été longtemps reportée. Et pour cause: la partie turque insistait sur une visite de la Crimée via le territoire ukrainien. De son côté Moscou préconisait d'emprunter un "itinéraire plus approprié". Ankara a finalement accepté les conditions de la Russie et la délégation s'est rendue en Crimée en faisant escale à Moscou.

    Le mufti des musulmans de Crimée Emirali Ablaev a déclaré hier à la délégation turque que la Direction spirituelle des musulmans de Crimée avait bénéficié l'an dernier d'un soutien conséquent de l'État, dont l'organisation d'un voyage à la Mecque pour 150 pèlerins de Crimée (cette année, les autorités criméennes ont promis d'envoyer encore 300 personnes en Arabie saoudite).

    Le vice-premier ministre de la Crimée Rouslan Balbek explique que les autorités locales ont assuré aux observateurs turcs que les Tatars de Crimée jouissaient de tous les droits des citoyens russes et étaient sous la protection de l'État. "Nous avons invité nos visiteurs dans un restaurant halal géré par un Tatar de Crimée. Et les membres de la délégation ont été surpris que cela soit possible chez nous", explique Rouslan Balbek. Et de poursuivre que les autorités de la péninsule comptaient envoyer à leur tour une délégation en Turquie: "pour voir comment les droits des Tatars de Crimée pour la préservation de l'identité, de la culture et de la langue sont respectés dans ce pays".

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    Tags:
    Tatars, Centenaire du génocide arménien, Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan, Arménie, Turquie, Crimée, Russie
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