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    Barack Obama (à gauche) et Mohamed ben Nayef

    Ni émir ni roi au sommet USA-Pays du Golfe

    © REUTERS / Jonathan Ernst
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    Les pays du Golfe seront représentés par des princes héritiers et des ministres au sommet arabo-américain qui s'est ouvert hier à la résidence du président américain Barack Obama à Camp David, écrit jeudi le quotidien Novye Izvestia.

    Les rois et les émirs ont en effet refusé de se rendre aux USA. En dépit des sourires polis et des explications persuasives, il est en effet évident que les relations entre les USA et leurs alliés arabes du Golfe n'ont pas été aussi tendues depuis longtemps.

    Le roi Salmane d'Arabie saoudite a trouvé mieux à faire que de participer à un sommet de travail. Il a donc envoyé à sa place le prince héritier Mohamed ben Nayef et son adjoint, le prince Mohamed ben Salmane. Sachant que Riyad a prévenu Washington de l'arrivée du prince héritier seulement deux jours après la confirmation officielle par la Maison blanche de la participation au sommet du roi Salmane.

    Les Saoudiens ont expliqué cette absence par la "période mal choisie" du sommet. Le roi doit en effet suivre le cessez-le-feu de cinq jours au Yémen et assister à l'ouverture du Centre d'aide humanitaire Salmane. Au final pour diverses raisons, y compris de santé, aucun monarque du Golfe n'est venu en Amérique.

    Contrairement à la presse américaine, la Maison blanche a annoncé que le refus du roi saoudien et d'autres monarques arabes n'était pas perçu par l'administration présidentielle comme une offense.

    Mais il ne faut certainement pas prendre à la légère cette attitude des pays arabes. A la veille du sommet, l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe se sont dit préoccupés par la montée de l'autorité de l'Iran dans la région et par l'éventualité de l'annulation des sanctions internationales qui pèsent sur lui. Les Arabes considèrent les milliards de dollars que la levée des sanctions rapporterait à Téhéran comme une menace tout aussi importante que l'obtention par cette puissance chiite de l'arme nucléaire. Les représentants du Golfe ont même demandé à Washington de leur fournir des garanties écrites de l'aide des USA en cas de conflit armé avec l'Iran, mais cette demande a été rejetée. Par conséquent, il est peu probable qu'après le sommet arabo-américain les relations entre ses participants s'améliorent.

    De plus, les liens économiques se sont également détériorés ces derniers temps entre les USA et l'Arabie saoudite. La production pétrolière saoudienne augmente depuis deux mois consécutifs et a enregistré un record depuis trente ans en avril. Le mois dernier, les producteurs saoudiens ont ajouté 13 700 barils par jour aux exploitations de mars pour arriver à une production de 10,308 millions de barils, selon les informations soumises par Riyad au secrétariat de l'Opep à Vienne. Le cours pétrolier a perdu plus de 50% par rapport à l'an dernier, ce qui a particulièrement affecté les producteurs américains d'huile de schiste. Cependant, bien que les tarifs aient continué de diminuer en début d'année, la situation a changé aujourd'hui. Le cours pétrolier a augmenté en mars et avril d'environ 40%.

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    Tags:
    Iran, Arabie Saoudite, États-Unis, Golfe persique
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