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    Protestataires à Skopje

    Macédoine: l'UE tente une médiation

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    Novye Izvestia
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    Les représentants du gouvernement macédonien et l'opposition doivent se rencontrer aujourd'hui à Strasbourg à l'initiative de trois députés européens.

    Les opposants exigent un changement de gouvernement et menacent de poursuivre les manifestations tant que le premier ministre macédonien Nikola Gruevski n'aura pas quitté son poste.

    La manifestation de dimanche a battu des records de mobilisation: 20 000 personnes brandissant des drapeaux macédoniens et albanais se sont réunis pour un rassemblement national dans la capitale de Skopje. Dans les rangs des manifestants, un seul slogan: le cabinet de Nikola Gruevski doit démissionner pour céder la place à un gouvernement d'unité nationale. Pour la Macédoine, qui compte 2 millions d'habitants en tout, ces chiffres sont assez conséquents. Après cette manifestation lancée par l'Union sociale-démocrate de l'opposition, plusieurs centaines de participants ont refusé de rentrer chez eux. Ils ont installé un campement sur la place située devant le bâtiment du gouvernement et ont juré d'y rester tant que leurs exigences n'étaient pas remplies.

    Ces derniers mois, la situation a commencé à se troubler dans le pays. Mais la véritable crise politique a éclaté il y a un peu plus d'une semaine, quand à l'aube du 9 mai la police a mené une opération dans la ville frontalière de Kumanovo contre un groupe de terroristes albanais de l'Armée de libération du Kosovo dissoute. Les assaillants ont opposé une forte résistance. La fusillade a fait 22 morts, dont 8 policiers et 14 Albanais. La police a arrêté une trentaine de personnes accusées de terrorisme et confisqué une grande quantité d'armes, de munitions et d'explosifs.

    La tentative du premier ministre Gruevski d'apaiser la situation par la démission de trois ministres — de l'Intérieur, des Transports et le chef de la police secrète — s'est soldée par un échec. Hormis les scandales de corruption concernant le gaspillage de certains ministres, le pays a été ébranlé par les affaires d'écoutes des opposants, des journalistes indépendants et d'autres dissidents, ainsi que par les fraudes aux élections d'avril 2014.

    Le leader des sociaux-démocrates Zoran Zaev a aussi diffusé des informations compromettantes sur Gruevski, à la tête du gouvernement depuis 2006. Les conversations téléphoniques du premier ministre révèlent que lui et les membres de son cabinet s'ingéraient dans le travail des juges et de la presse. Gruevski aurait ainsi tenté de clore l'enquête sur l'assassinat d'un étudiant par un officier de police en 2011.

    Le gouvernement dément les documents diffusés, les qualifiant de faux, et accuse Zaev de préparer un coup d'État. Les partisans du gouvernement de Gruevski ont organisé une manifestation dans la capitale lundi.

    La Macédoine est candidate à l'adhésion à l'UE, même si ses chances sont faibles dans un avenir prévisible. Bruxelles a conscience du danger d'un nouveau foyer de tension dans les Balkans, c'est pourquoi la Commission européenne cherche actuellement à ce que le gouvernement et l'opposition s'assoient à la table des négociations. Moscou, pour sa part, soutient le premier ministre Gruevski. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que la situation en Macédoine était déstabilisée par des forces extérieures, qui voulaient la pousser dans le "gouffre d'une révolution de couleur".

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    Tags:
    Union européenne (UE), Zoran Zaev, Nikola Gruevski, Skopje, Strasbourg, Kumanovo, Macédoine du Nord
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