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La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont couché sur le papier des propositions visant à renforcer l'unité économique et politique de la zone euro, à contre-pied des exigences du premier ministre britannique David Cameron, écrit mercredi 27 mai le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Ce dernier cherche à organiser d'ici fin 2017 un référendum sur le statut de son pays en tant que membre de l'UE. Il présentera aujourd'hui cette proposition en ouverture de la session du nouveau parlement.

L'amitié franco-allemande s'est renforcée au détriment des intérêts du Royaume-Uni. Les conseillers du dirigeant français et de la chancelière allemande ont préparé dans le plus grand secret un texte approuvé par ces derniers en marge du sommet du Partenariat oriental du 22 mai à Riga, où Cameron sondait le terrain. Ce document a été envoyé le 23 mai au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

David Cameron veut redonner aux capitales certains pouvoirs auparavant transférés à Bruxelles, sur les restrictions de la liberté de circulation et la protection de la City de Londres face aux régulateurs continentaux. Merkel et Hollande veulent au contraire préserver la continuité de l'intégration européenne et de l'union monétaire comme point de départ pour leur développement. Ils insistent sur des réformes dans quatre domaines: la politique économique; le rapprochement économique, fiscal et social; la stabilité financière et les investissements; la gestion de l'union monétaire.

Il s'agirait de créer un gouvernement de la zone euro, qui formulerait une politique économique commune pour l'union monétaire — une exigence de François Hollande que les Allemands ont accepté pour la première fois.

De son côté, pour satisfaire ses exigences, Cameron cherche à faire adopter des amendements à la base contractuelle de l'UE. Ce scénario a été immédiatement balayé par Merkel et Hollande, bien que ces derniers proposent d'ici fin 2016 de franchir des "étapes supplémentaires qui aideraient à revoir les bases politiques et institutionnelles, des outils communs et la base juridique à long terme". En cas de mise en œuvre de ce processus, il se pourrait que la base contractuelle de l'Union soit tout de même modifiée, mais toujours dans un esprit opposé à la philosophie de Cameron et sans lien avec son référendum. L'Allemagne et la France ont leur propre calendrier: en 2017 se tiendront pour eux les élections que le leader britannique vient de remporter dans son pays.

"On peut affirmer qu'il n'y aura aucune révision des traités de l'UE à cause du Royaume-Uni. Ni la France, ni l'Allemagne, ni les autres pays de l'UE ne le permettront. Tout le monde se souvient des efforts déployés pour la signature du Traité de Lisbonne. On ne touchera pas non plus aux traités sur l'un des principes fondamentaux de fonctionnement du marché intérieur commun — la liberté de circulation", estime Lioudmila Babynina, directrice du Centre d'intégration politique de l'Institut de l'Europe affilié à l'Académie des sciences de Russie. 

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Tags:
Union européenne (UE), François Hollande, Angela Merkel, David Cameron, France, Allemagne, Royaume-Uni
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