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    Benigno Aquino

    Le président philippin compare la Chine à l'Allemagne nazie

    © AP Photo / Shizuo Kambayashi
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    La mer de Chine méridionale n'est pas encore le théâtre d'opérations militaires mais la bataille fait déjà rage dans la sphère médiatique: le président américain Barack Obama a appelé la Chine à "ne pas jouer des coudes", et son homologue philippin Benigno Aquino ne mâche pas ses mots face à Pékin.

    Archipel de Spratleys
    © AFP 2019 ROLEX DELA PENA / POOL
    Lors de sa visite au Japon, Benigno Aquino a déclaré que "si tout le monde continuait à apaiser la Chine, elle pourrait suivre les traces d'Hitler" — faisant référence au fait que la Chine construisait actuellement des îles artificielles pour y installer ses aérodromes militaires. Il rappelle que la Seconde Guerre mondiale aurait pu être évitée si l'on avait arrêté Hitler à temps.

    "Je ne suis pas un historien professionnel, mais un étudiant amateur. On m'a rappelé comment l'Allemagne avait tâté le terrain pour comprendre la réaction future des puissances européennes à ses velléités d'occupation. Malheureusement, personne ne lui a demandé d'arrêter avant l'annexion de la Tchécoslovaquie", a estimé le président, tirant un parallèle avec l'accumulation de la puissance militaire de Pékin et son expansion territoriale en mer de Chine méridionale.

    Benigno Aquino avait déjà tenu des propos similaires l'année dernière aux États-Unis. A l'époque, la Chine avant rejeté toutes ses accusations, considérant le leader philippin comme un profane de la politique internationale. Pékin n'a pas encore réagi à ces dernières déclarations, mais la porte-parole du ministère des Affaires étrangères du pays Hua Chunying a souligné la légitimité, la justesse et l'opportunité des chantiers chinois en mer de Chine méridionale, menés "dans le cadre des droits souverains du pays".

    Quoi qu'il en soit, les propos de Benigno Aquino ne sont pas qu'une démarche propagandiste. Ce dernier s'est entretenu avec des hommes politiques et d'affaires japonais. Et le Japon est actuellement en litige territorial avec la Chine concernant un archipel inhabité en mer de Chine orientale. Le leader philippin s'est donc garanti un accueil très bienveillant. Qui plus est, Tokyo pourrait livrer à Manille des avions-patrouilleurs et des radars. Tokyo envisage également de suivre l'exemple américain et d'envoyer ses navires et ses avions dans les eaux contestées en mer de Chine méridionale.

    Ces accusations antichinoises de Benigno Aquino et ses appels à résister à Pékin dans le cadre de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) ont été favorablement reçus à Washington. Le fait que, lors de la dernière conférence sur la sécurité à Singapour, Ashton Carter, ministre américain de la Défense, a promis que les États-Unis resteraient la force militaire principale dans la région Asie-Pacifique n'est pas un hasard.

    D'après Pékin, Washington joue un double-jeu: il accuse la Chine de tous les maux alors que d'autres acteurs des litiges territoriaux font des incursions dans des eaux qui leur n'appartiennent pas. Dans ce contexte l'armée chinoise a modifié sa doctrine qui comprend désormais non seulement la protection de la zone côtière, mais aussi des opérations offensives.

    Ce jeu de Manille pourrait-il s'avérer trop risqué? Chito Santa Romano, président de l'Association philippine des études chinoises, a indiqué dans une interview à CNN que l'alliance avec les États-Unis était un couteau à double-tranchant: "Les Philippines pourraient se retrouver sous le feu croisé des deux puissances".

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    Tags:
    îles Spratleys, Seconde Guerre mondiale, Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), Barack Obama, Benigno Aquino, mer de Chine orientale, Mer de Chine méridionale, États-Unis, Allemagne, Philippines, Japon, Chine
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