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    Migrants en Sicile

    L'immigration divise l'Europe

    © Sputnik . Antonio Parrinello
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    Les dirigeants de l'Union européenne sont capables de s'entendre sur les dettes d'Athènes, mais ne peuvent pas trouver de compromis quand il est question d'accueillir des centaines de milliers d'immigrés arrivés par la mer jusqu'aux côtes grecques et italiennes, écrit jeudi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    C'est ce qu'a confirmé une fois de plus la réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE, qui devaient se pencher sur le sort des clandestins déjà arrivés sur le Vieux Continent et trouver une solution pour stopper l'afflux de nouveaux immigrés illégaux, dont le nombre augmente traditionnellement en été. Mais à part le constat qu'au premier semestre 2015, près de 100 000 réfugiés sont arrivés du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, la discussion n'a pas avancé. Les dirigeants de l'UE devront donc songer désormais à la "bombe" posée sous l'Europe unie, à Bruxelles les 25 et 26 juin. Les discussions autour du problème de l'immigration risquent de dégénérer en grand scandale aux conséquences imprévisibles pour le Vieux Continent.

    Les positions des participants au sommet sont bien connues, mais cette détermination prive de nombreux États du Vieux Continent de marge de manœuvre dans la recherche d'un compromis. D'autant que les représentants politiques qui se réuniront à Bruxelles doivent tenir compte des sondages menés en Europe, qui ne sont pas rassurants. La majorité des Européens interrogés estime que la montée significative de la popularité des partis nationalistes est due à une forte immigration (47%) et à la déception causée par l'UE (38%). Sur la base de ces sentiments, une grande partie des dirigeants européens se réunissant à Bruxelles rejetteront certainement le plan des fonctionnaires européens préconisant la répartition de clandestins par quotas entre tous les pays de l'UE.

    Londres adopte la position la plus intransigeante. Le premier ministre britannique David Cameron a annoncé lors d'un entretien avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker en mai, que le Royaume-Uni limiterait l'afflux d'immigrés non seulement du Moyen-Orient et d'Afrique mais aussi pour les citoyens de l'UE. Sinon, expliquait Cameron, le référendum sur la sortie de l'UE serait inévitable et son résultat imprévisible.

    Bénéficiant du même soutien moral sur la question migratoire, l'Espagne, la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne et les pays baltes ont fait front uni contre les quotas obligatoires. Et la Hongrie a même lancé une campagne spéciale de propagande pour dresser la population contre les clandestins. Le ministre français de l'Intérieur s'est exprimé sans équivoque: "Si les migrants sont arrivés en Italie, il serait normal qu'ils y restent". Et pour appuyer ses propos il a ordonné de rétablir le contrôle à la frontière italienne. La Suisse a suivi son exemple, craignant que les clandestins ne parvenant pas à aller en France tentent de franchir les montagnes pour se rendre dans leur pays.

    Paradoxalement, l'une des principales causes de l'immigration massive de Libye est l'opération militaire de la coalition menée par les USA, qui avait entraîné la chute du régime de Kadhafi. Les principales attaques contre les sites de Tripoli étaient portées par l'aviation française et britannique, alors que l'Italie, au contraire, cherchait à minimiser sa participation au conflit et refusait de bombarder la Libye. À l'époque, Paris et Londres appelaient les Italiens à se souvenir de la solidarité européenne et à agir plus activement. Et aujourd'hui, alors que Rome est confronté aux conséquences migratoires du renversement de Kadhafi, Londres et Paris semblent avoir oublié cette solidarité. 

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    Tags:
    immigration, Union européenne (UE), David Cameron, France, Libye, Italie
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