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L'Etat islamique (2014) (1131)
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Le premier ministre irakien Haïder al-Abadi s'est rendu à Téhéran à la tête d'une délégation ministérielle pour une visite d'une journée.

Les représentants politiques des deux pays ont évoqué l'ordre du jour régional et les mesures à entreprendre pour combattre l'État islamique (EI). Les experts pensent que la dépendance croissante de l'Irak envers les pays étrangers affecte sa souveraineté.

L'entretien de Téhéran s'est tenu au lendemain des pourparlers entre Haïder al-Abadi et le chef des services américains de renseignement, James Clapper. Le premier ministre irakien recherche aujourd'hui l'aide de la communauté internationale: "L'EI, c'est l'échec de la politique du monde entier", estimait-il à la réunion des pays membres de la coalition qui se bat contre le mouvement terroriste.

La récente rencontre au sommet à Paris n'a donné aucun résultat. La Russie et l'Iran étaient absents, et al-Abadi a alors décidé de s'adresser à son voisin régional et allié dans la lutte contre les islamistes radicaux.

Haïder al-Abadi a été chaleureusement accueilli par le guide spirituel suprême d'Iran, l'ayatollah Khamenei, et d'autres dirigeants iraniens. "L'Iran a toujours soutenu le gouvernement irakien et les habitants d'Irak. Nous prônons la paix, la stabilité et le développement de ce pays", a déclaré le vice-président iranien Eshaq Jahangiri à l'issue des pourparlers. Dans le combat contre l'EI, il a appelé à la détermination et à la coopération. De son côté, le premier ministre irakien a souligné son souhait de "créer un front antiterroriste commun".

Au vu de l'incapacité de l'armée nationale à régler le problème de l'EI, le gouvernement irakien est contraint de compter sur les bataillons volontaires chiites soutenus par l'Iran. Cette situation recèle plusieurs dangers car les Irakiens sunnites sont très méfiants envers les chiites, d'autant que le nouveau "califat" se proclame défenseur de toute la population sunnite contre les gouvernements laïques autoritaires de l'Orient et de l'Iran chiite — c'est pourquoi il trouve souvent un soutien parmi les sunnites ordinaires, majoritaires dans le monde arabe. Dans ce contexte, on assiste à une hausse conséquente de l'influence des pays étrangers sur le gouvernement irakien.

"La lutte contre l'EI vire de plus en plus au conflit entre sunnites et chiites, et ses participants oublient très vite par quoi tout a commencé. Le roi de Jordanie ne mentionne même pas le "califat" et parle uniquement du danger menaçant les sunnites du côté des chiites", explique Alexandre Ignatenko, président de l'Institut de religion et de politique. Selon lui, la population irakienne, libérée de l'EI par les rebelles chiites, perçoit les "libérateurs" comme des occupants. Les nettoyages antisunnites organisés parfois par les rebelles chiites contribuent aussi à nourrir cette vision.

Dossier:
L'Etat islamique (2014) (1131)

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Tags:
Etat islamique, Eshaq Jahangiri, Haïder al-Abadi, Alexandre Ignatenko, ayatollah Ali Khamenei, Iran, Irak
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