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Situation économique en Grèce (112)
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Le plan de sauvetage de la Grèce approuvé par l'UE et le FMI ne fonctionne pas: depuis cinq ans, la plupart des indices économiques du pays sont en chute libre et la dette nationale a augmenté.

En fin de semaine dernière, l'Allemagne a reconnu que les objectifs prévus par le plan de sauvetage étaient complètement irréalistes. Et même l'exigence actuelle envers Athènes d'assurer un excédent budgétaire de 1% du PIB n'a pu être remplie par aucun des pays d'Europe en difficulté. Le Portugal, l'Espagne et l'Irlande n'ont pas réussi à faire depuis 2008 ce que les créanciers exigent aujourd'hui de la Grèce — conclut le média allemand Deutsche Welle (DW).

L'économie grecque a commencé sa "cure" il y a cinq ans: elle avait promis de "se serrer la ceinture" et de réduire les dépenses publiques, y compris sociales, en échange d'un important crédit extérieur. Mais le résultat de cette aide a été peu réconfortant.

La Grèce a accumulé une immense dette extérieure, son PIB a perdu 26% depuis 2008, le chômage a quadruplé — jusqu'à 24,8% — et en dépit de l'augmentation des charges fiscales, les recettes budgétaires de la Grèce ont diminué de 17% et les dépenses ont été réduites de 28%.

DW souligne un autre détail curieux. La troïka des créanciers avait fixé en 2010, dans le premier programme d'aide à la Grèce, un indice complètement irréaliste: l'excédent budgétaire primaire du pays d'ici 2015 devait s'élever à 6% du PIB. Il s'agit de la différence entre les revenus et les dépenses du budget public dans les caisses du trésor après le remboursement de la dette publique. C'est considéré comme l'un des critères du succès de la politique d'austérité.

Ce plafond a été réduit pour la Grèce deux ans plus tard à 4,5%, ce qui s'est également avéré complètement insurmontable. L'an dernier, l'excédent budgétaire primaire de la Grèce était de 0,4% du PIB. Par ailleurs, DW note qu'aucun des pays affectés par la crise économique n'a encore été capable d'accomplir ce que les créanciers attendent de la Grèce aujourd'hui.

Athènes
© REUTERS / Alkis Konstantinidis
La dette que la Grèce doit à la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI) s'élève à 240 milliards d'euros. L'ensemble de la dette extérieure du pays atteint 315 milliards d'euros, soit environ 180% du PIB.

Depuis 2010, cinq pays de la zone euro ont demandé une aide financière internationale. La Grèce, l'Irlande, le Portugal et Chypre ont obtenu des crédits de la troïka en échange d'une économie d'austérité et de réformes sous la supervision des créanciers. 

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Tags:
PIB, Fonds monétaire international (FMI), Union européenne (UE), Grèce, Allemagne
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