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    Soldat afghan, Kabul, Juine 23, 2015

    L'EI force Kaboul à se réconcilier avec les Talibans

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    Les autorités afghanes ont lancé des négociations officielles avec des membres du mouvement radical des Talibans: la première rencontre a eu lieu mardi au Pakistan, alors que le prochain entretien devrait se dérouler après le ramadan.

    Ces négociations entre les autorités afghanes et les Talibans ont eu lieu mardi au Pakistan. Selon le ministère pakistanais des Affaires étrangères, les deux parties ont exprimé leur "volonté d'atteindre la paix en Afghanistan et dans la région" et souligné la nécessité d'"établir une confiance mutuelle". La rencontre a réuni non seulement des représentants des deux parties, mais aussi des observateurs inconnus des Etats-Unis et de la Chine. La prochaine étape des négociations ne devrait avoir lieu qu'après le mois sacré du ramadan, c'est-à-dire après 16 juillet.

    La partie pakistanaise estime que les négociateurs avaient été "dûment mandatés par leurs dirigeants". Les Talibans n'ont pourtant pas confirmé ces informations. Qui plus est, tous les récents contacts informels entre les autorités afghanes et les Talibans ont témoigné d'un schisme considérable au sein de ces derniers.

    "Les négociations actuelles sont la suite de la politique de l'ancien président Hamid Karzai", rappelle Vladimir Sotnikov, directeur de recherche du Centre de la sécurité internationale de l'Institut d'économie mondiale et des relations internationales auprès de l'Académie des sciences de Russie. L'expert souligne également un autre facteur: le renforcement continu des positions de l'Etat islamique (EI). D'après lui, les combattants de ce mouvement ont déjà proclamé le territoire afghan comme partie de son Etat et représentent une menace sérieuse pour l'armée afghane, tout comme pour les Talibans.

    L'EI et les Talibans qui luttent pour l'influence dans la même région, se sont déclarés la guerre au mois d'avril. Les Talibans conservent pour le moment une supériorité numérique: ils sont toujours au moins dix fois plus nombreux que les djihadistes de la branche afghane l'EI. Cependant, la fuite des chefs de guerre des Talibans vers l'EI se poursuit.

    Selon Vladimir Sotnikov, face à la menace de l'EI, Kaboul et les Talibans pourraient faire des compromis: "L'exigence principale des Talibans est la redistribution du pouvoir. Mais le président Ashraf Ghani ne s'est toujours pas prononcé sur ce sujet. Il est possible que l'EI prenne le dessus sur les Talibans et présente donc une menace sérieuse pour les troupes gouvernementales. Dans ce cas-là, le partage du pouvoir avec les Talibans pourrait être considéré par les autorités du pays comme le moindre des deux maux".

    Par ailleurs, Kaboul comprend parfaitement qu'il ne pourra pas se passer du soutien international indépendamment des résultats des négociations avec les Talibans. Et il ne s'agit pas que de la coopération avec l'OTAN. "La stabilité de l'Afghanistan et de toute la région exige la coopération étroite avec la Russie, l'Inde, l'Iran, les pays d'Asie centrale, le Pakistan… en gros, avec tous les Etats de la région", estime Massoud Stanikzai, vice-ministre afghan de la Défense. L'Alliance atlantique a pourtant fait comprendre qu'elle n'avait aucune envie de coopérer avec Moscou en matière de règlement de la situation en Afghanistan, ainsi que dans tous les autres domaines.

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    Tags:
    Etat islamique, Taliban, Afghanistan, Pakistan
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