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    Le fragment du Boeing 777 de Malaysia Airlines

    MH17: projet de résolution présenté à l'Onu, parodie politique selon Moscou

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    Kommersant
    Crash d'un Boeing malaisien en Ukraine (282)
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    Un an après le crash du Boeing 777 dans le Donbass, le Conseil de sécurité des Nations unies a commencé d'étudier le projet de résolution préparée par la Malaisie pour la création d'un tribunal international.

    Ce dernier aurait pour but de traduire en justice les responsables de cette tragédie, qui a emporté 298 vies. Une source diplomatique russe a qualifié cette initiative de "substitution à une véritable enquête par un spectacle politique" et pense que le document "tente de désigner des coupables à travers des formulations préconçues et politisées". Toutefois, Moscou n'est pas non plus satisfait par l'enquête menée par les experts internationaux sous l'égide des Pays-Bas.

    "Cette résolution est inacceptable pour nous. La Russie a appelé plusieurs fois à une véritable enquête internationale sur la tragédie du Boeing, y compris avec les outils du Conseil de sécurité des Nations unies, mais toutes nos propositions ont été rejetées. Nous avions proposé d'instaurer un poste de représentant spécial du secrétaire général de l'Onu pour l'enquête sur ce crash — nos partenaires ont refusé. Nous voulions créer une commission spéciale du Conseil de sécurité sur le terrain — à nouveau refusé. Nos collègues n'ont pas non plus accepté de rendre publiques les communications des opérateurs et d'autres preuves", a déclaré hier cette source diplomatique russe.

    Tandis que la résolution suggérée par la Malaisie "ne concerne pas uniquement la tragédie en soi mais a une portée bien plus large — c'est une tentative de désigner par des formulations préconçues et politisées les responsables de la création de "l'atmosphère" qui a entraîné la tragédie". "C'est la substitution d'une véritable enquête par un spectacle politique", explique la source.

    L'ambassadeur de Russie à l'Onu Vitali Tchourkine s'est également opposé à cette initiative en rappelant: "Des avions civils se sont déjà écrasés par le passé, mais jamais un tribunal international n'a été créé, parfois il n'y avait même pas de procès".

    L'initiative malaisienne est soutenue par l'Australie, les Pays-Bas, la Belgique et l'Ukraine. Cependant, Moscou insiste: l'enquête sur les événements doit se poursuivre conformément à la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le 21 juillet 2014 pour soutenir une "enquête internationale complète, minutieuse et indépendante". Des pouvoirs appropriés ont été octroyés au Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité des transports (OVV) et un rapport préliminaire a été rendu public en septembre 2014: la principale version des experts est celle de l'impact d'un missile lancé par un système sol-air Bouk. Les autorités ukrainiennes accusent les insurgés des républiques autoproclamées et les "militaires de carrière russes". De son côté, la société Almaz-Anteï (fabricant des Bouk) affirme que le Boeing a été abattu par un missile 9M38M1 du système Bouk-M1 en dotation dans les forces armées ukrainiennes.

    Les conclusions finales de la commission internationale devraient être annoncées seulement en octobre. Mais Moscou laisse entendre que les résultats du travail de la commission pourraient être remis en question. La Russie a de très nombreuses questions quant à "l'organisation de l'enquête et les conclusions préliminaires qui ont été tirées".

    Dossier:
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    Tags:
    MH17, Bouk-M1, Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité (OVV), ONU, Malaisie, Pays-Bas, Ukraine, Russie
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