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    Jonathan Pollard en 1991

    USA: libération du plus célèbre détenu pour espionnage

    © REUTERS / Files
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    Novye Izvestia
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    L'Américain Jonathan Pollard, également citoyen israélien, sera remis en liberté aux États-Unis, écrit jeudi le quotidien Novye Izvestia.

    Il s'agit probablement du plus célèbre espion condamné pour espionnage aux USA après l'agent américain Aldrich Ames à la solde de l'URSS (perpétuité prononcée en 1994). Comme l'a déclaré la ministre israélienne de la Justice Ayelet Shaked, cette décision a été prise par la Commission des libérations conditionnelles des USA.

    Soupçonné d'espionnage au profit d'Israël, Jonathan Pollard a été arrêté par le FBI le 21 novembre 1985 à l'âge de 31 ans. Pollard occupait alors le poste de chef du service de renseignement du QG des forces navales américaines. Le tribunal a établi qu'il avait transmis à Israël des renseignements qu'il devait recevoir de toute façon de ses partenaires américains dans le cadre d'un accord de 1983 pour l'échange de renseignements. Cependant, les Américains cachaient une grande partie des données. Cela avait consterné tout particulièrement Pollard qui n'avait jamais caché son origine juive ni ses opinions sionistes. Après avoir assisté à une conférence du pilote israélien Aviam Sela, il a décidé de devenir agent israélien et a établi le contact avec le Mossad via ce pilote.

    Pollard transmettait les renseignements au colonel israélien de l'armée de l'air.Le colonel transmettait les renseignements obtenus par Pollard à Yosi Igor, ancien attaché de l'ambassade d'Israël, qui représentait à l'époque aux USA le Lakam (Office des relations scientifiques et techniques). En fait, le Lakam était un service de renseignement militaire dirigé par Rafael Eitan. Sur son ordre Aviam Sela avait rencontré à nouveau Pollard, qui lui avait fait bonne impression. L'Américain transmettait d'abord les renseignements oralement, puis avait commencé à fournir des documents. Une partie infime de la documentation concernait son travail — il volait donc des documents littéralement sous le nez de ses patrons.

    Un jour on s'est aperçu de l'absence de certains documents et le commandement du renseignement naval américain a soupçonné Pollard. Une caméra a été installée dans son bureau et a immédiatement révélé sa culpabilité. L'agent israélien a été arrêté et interrogé. Pour détourner les soupçons des Israéliens, Pollard a prétendu qu'il recueillait des informations pour un ami journaliste, qui devait les transmettre au Pakistan. Pollard n'a pas été placé en détention immédiatement. Il a tenté de se réfugier à l'ambassade d'Israël avec sa femme, mais les agents du FBI le suivaient déjà. Le couple a réussi à entrer sur le parking de l'ambassade derrière une voiture, mais les gardes les ont stoppés. Pollard s'est présenté comme un agent à la recherche d'un asile politique de toute urgence avec son épouse. Mais les gardes n'avaient aucune instruction à ce sujet et ont fait sortir le couple. Le FBI les attendait déjà à la sortie.

    Pollard a été condamné à la perpétuité. Selon la loi américaine, ceux qui sont condamnés à une telle peine ne peuvent pas bénéficier du régime de liberté conditionnelle avant 30 ans. Ce délai exprime le 21 novembre 2015 mais Pollard est un juif croyant qui a demandé à ne pas effectuer sa procédure de libération un samedi, c'est pourquoi la commission a accepté de le libérer la veille, le 20 novembre. Dans l'ensemble, les médias américains et israéliens pensent que la libération de Pollard est une sorte de compensation des Américains au profit des Israéliens, mécontents après l'accord nucléaire avec l'Iran initié par Washington.

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    Tags:
    espionnage, Jonathan Pollard, Israël, États-Unis
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