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Conflit du Haut-Karabakh (167)
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L'Arménie est prête à un renforcement du rôle des États-Unis dans le processus de paix du Haut-Karabakh, dossier qui l'oppose à l'Azerbaïdjan.

C'est même ce qu'elle souhaite, selon le vice-ministre arménien de la Défense David Tonoïan. La déclaration du représentant arménien fait écho aux "pensées à voix haute" du représentant des USA au sein du Groupe de Minsk de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), James Warlick, qui supervise le processus de paix du Haut-Karabakh.

Dans une récente conférence de presse à Erevan, le diplomate américain a déploré la longue stagnation dans les négociations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, tout en partageant ses solutions pour établir une paix durable dans la région. Au fond, James Warlick n'a rien proposé de foncièrement nouveau, proposant seulement une version quelque peu modifiée des principes de Madrid, qui reposent sur la table des négociations depuis longtemps. Aucune des parties en conflit ne semble même s'y opposer, mais rien n'est fait engager leur mise en œuvre concrète.

D'après Warlick, le principal obstacle au processus de paix est l'absence de confiance entre les acteurs du dossier, sans laquelle il est très difficile d'arriver à un accord. Le médiateur américain propose de compenser cette situation par l'envoi de casques bleus internationaux dans la zone du conflit pour garantir le retour sûr des réfugiés et sécuriser la circulation intérieure des personnes. Mais le règlement définitif du conflit est impossible sans concessions et compromis réciproques.

Cette dernière phrase est la plus importante, à moins qu'elle ne soit dictée par les notions d'éthique diplomatique. Car Bakou estime possible un règlement définitif du problème uniquement si le Haut-Karabakh était sous sa juridiction, ce qui est la principale pierre d'achoppement entre les belligérants. L'Arménie, acceptant le retour des réfugiés et la remise des régions azerbaïdjanaises de la ceinture de sécurité (zone tampon), répond: et en retour? Ce qui sous-entend la reconnaissance du statut indépendant de la République du Haut-Karabakh autoproclamée, ce que Bakou refuse même d'entendre.

Des questions se posent: la proposition du vice-ministre arménien ne signifie-t-elle pas la réorientation de l'Arménie et de son vecteur militaire? Ne va-t-elle pas transformer l'apparition dans la zone de conflit d'observateurs américains ou étrangers à "mandat élargi" en une nouvelle réalité dans la région? Erevan n'y voit aucune contradiction. La Russie est un allié de l'Arménie, les deux pays font partie d'un même bloc militaire, alors qu'Erevan coopère avec les USA dans le secteur militaire sans entrer dans des alliances bilatérales ou multilatérales, sans compter la participation limitée aux opérations de maintien de la paix sur divers points chauds de la planète. 

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James Warlick, David Tonoïan, Haut-Karabakh, Azerbaïdjan, Arménie, États-Unis
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