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    Wintershall

    Gazprom se bat pour le marché gazier européen

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    Kommersant
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    La compagnie pétrolière allemande Wintershall (succursale du groupe BASF) a rapporté le 31 juillet la signature d'un mémorandum entre Gazprom et BASF prévoyant l'élargissement du gazoduc Nord Stream par la construction de deux nouveaux pipelines pour acheminer au moins 55 milliards de mètres cubes de gaz russe en Allemagne.

    La direction de la compagnie allemande tient compte des besoins gaziers croissants de l'Union européenne.

    De toute évidence, l'élargissement de Nord Stream est tout aussi prioritaire pour le holding gazier russe, alors que le projet Turkish Stream est entouré d'incertitudes. La Turquie a bien confirmé son intérêt mais aucun accord concret n'a été signé à ce sujet, hormis l'autorisation d'effectuer les explorations appropriées en mer Noire. Les avis des experts divergent quant à savoir s'il est question du prix du gaz russe ou de la conjoncture en Turquie même. Car le Parti de la justice au pouvoir a perdu sa majorité absolue au parlement et doit désormais former une alliance gouvernementale — ou organiser de nouvelles élections. Sans oublier les facteurs extérieurs. L'agence Reuters indique que la Turquie insiste sur la construction d'une seule ligne de Turkish Stream, qui alimenterait uniquement la Turquie. Les États-Unis et Bruxelles font pression sur Ankara, tout comme les propositions de fournitures gazières alternatives aussi bien pour la Turquie que l'Europe en provenance d'Azerbaïdjan et d'Iran à plus long terme. Il serait important pour les USA et l'UE de conserver le transit de gaz russe via l'Ukraine.

    La position hostile de Bruxelles joue un rôle important. Et pas uniquement à cause du Troisième paquet énergie pour empêcher un accord avec les pays des Balkans concernant la construction de gazoducs de transit sur leur territoire à partir de la frontière turque, mais aussi par les restrictions pour la construction de la seconde ligne du gazoduc sous la mer Noire pour la Turquie par des compagnies néerlandaises et italiennes.

    Moscou craint l'expiration des contrats pour la livraison du gaz russe via l'Ukraine en UE après l'échéance du contrat de transit avec Kiev. Le principal bénéficiaire du gaz transitant via l'Ukraine est aujourd'hui l'italienne ENI et la nouvelle direction de la compagnie pourrait refuser de reporter le terminal de Tarvisio vers un hub à la frontière gréco-turque.

    Il est donc primordial pour la Russie de conserver sa part d'approvisionnement en gaz vers l'Europe. D'autant plus que le Vieux continent est le principal marché gazier pour Moscou. La préservation de ses 30% du marché européen dépend de plusieurs facteurs. En ce sens, deux nouvelles lignes de Nord Stream pourraient jouer un rôle décisif pour contourner l'Ukraine, car l'autrichienne OMV est prête à participer à ce projet, et c'est elle qui acheminerait le gaz russe au nord de l'Italie.

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    Tags:
    gazoduc, gaz, Nord Stream, Wintershall, Gazprom, Union européenne (UE), Turquie, Europe, Allemagne, Russie
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