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    Maison endommagée en Syrie

    Syrie: les USA vont-ils aussi bombarder les troupes d'Assad?

    © REUTERS / Ammar Abdullah
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    Nezavissimaïa gazeta
    Situation en Syrie (2014) (607)
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    La Maison blanche a laissé entendre que son aviation pourrait attaquer les troupes gouvernementales syriennes si ces dernières menaçaient les positions des combattants de l'opposition syrienne, écrit mardi 4 août le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Plus précisément, Washington veut "protéger" l'Armée syrienne libre (ASL) créée, formée et armée par les Américains pour combattre le régime de Bachar al-Assad — il a été rapporté que tous les ans, plus de 5.000 combattants suivaient une formation dans des centres d'entraînement spéciaux.

    Avec ces mêmes bonnes intentions, Washington avait soutenu d'autres groupes d'opposition avant qu'ils ne se transforment en État islamique…

    Les USA auraient applaudi si, comme prévu, l'ASL, l'EI et même le Front al-Nosra avaient réussi à renverser al-Assad. Mais le processus est devenu incontrôlable. Et désormais tous ceux sur qui comptaient les États-Unis ne combattent pas l'armée syrienne, mais s'affrontent même entre eux. Ils visent également l'Amérique.

    L'ASL a été foudroyée il y a un an déjà, quand son dernier bastion situé dans la province d'Idlib, au nord de la Syrie, est tombé sous la pression du Front al-Nosra. Aucun coup de feu n'avait été tiré: les "rebelles modérés" avaient simplement fui en abandonnant les armes et les munitions sur le champ de la "non-bataille". Le Front al-Nosra a ainsi récupéré tout un arsenal fourni à l'ASL par les Américains, y compris des armements lourds — des roquettes antichars TOW, des lance-roquettes multiples, etc.

    A un moment donné il a même semblé que Bachar al-Assad n'était plus un ennemi juré des USA, voire s'était transformé en allié parce que son armée était également opposée au Front al-Nosra et à l'État islamique. Comme l'ASL est en réalité une armée-fantôme, il s'avère que les USA, qui ont provoqué toutes ces complications, n'ont pas d'autres alliés que l'armée de Bachar al-Assad. Et si aujourd'hui les Américains ripostaient avec leur aviation à une fusillade (une banale provocation ferait l'affaire) entre l'armée de Damas et des groupes quelconques s'assimilant à l'ASL, ils se placeraient de facto du côté des terroristes.

    Difficile de deviner combien de temps le département d'État a pris pour réfléchir à la situation. Mais le porte-parole du Conseil national de sécurité Alister Baski a déclaré: "Nous n'entrerons pas dans les détails des règles de notre implication, mais je dois dire que nous ferons le nécessaire pour assurer à ces forces (ASL) la possibilité de remplir leur mission". Et vu qu'absolument rien n'a été dit concernant cette "implication" et qu'on ignore quelle peut être la mission d'une entité qui n'existe pratiquement pas, la porte-parole du Pentagone Alice Smith a tenté d'aider son collègue à sortir de l'impasse en notant que les frappes aériennes américaines et de la coalition internationale avaient pour principale cible les soldats de l'EI. Tout en ajoutant: "Nous reconnaissons néanmoins que de nombreux groupes combattent actuellement sur divers fronts, notamment contre le régime et d'autres terroristes".

    Les choses deviennent plus claires. Premièrement, les Etats-Unis n'ont pas d'alliés réels dans la zone du conflit à l'exception de "groupes" indéterminés, ce qui signifie que le projet américain en Syrie a échoué. Deuxièmement, la principale mission de Washington en Syrie n'est pas la lutte contre le terrorisme, mais contre Bachar al-Assad. Et les Américains ne cherchent qu'un prétexte pour faire à nouveau usage de la force. Troisièmement, les bombardements semblent devenir un outil universel de la politique américaine. Surtout quand il n'existe pas d'autres arguments mais qu'on veut à tout prix diriger le monde ou ses régions.

    Dossier:
    Situation en Syrie (2014) (607)

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    Tags:
    Armée syrienne libre (ASL), Front al-Nosra, Etat islamique, Bachar el-Assad, Syrie, États-Unis
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