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    Les deux Corées ont échangé hier des tirs d'artillerie. Image d'illustration.

    La Corée du Nord déclare la guerre aux haut-parleurs sud-coréens

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    Les deux Corées ont échangé hier des tirs d'artillerie.

    Le Conseil de sécurité nationale de Corée du Sud s'est réuni d'urgence et Pyongyang a menacé Séoul d'engager une offensive si, d'ici 48 heures, le Sud ne stoppait pas sa campagne de propagande.

    L'armée sud-coréenne a été placée en état d'alerte maximal en réaction à un tir de roquette venu du Nord. La roquette, qui a explosé dans la montagne sans causer de dommages, visait les haut-parleurs dont se sert la Corée du Sud pour faire entendre à ses voisins des déclarations critiques visant le régime nord-coréen.
    La Corée du Sud a riposté en tirant plusieurs dizaines d'obus de 155 mm. On ignore si ces tirs ont provoqué des dommages. Le Nord n'a pas réagi. Néanmoins, Séoul a ordonné l'évacuation des habitants des communes à proximité.

    Moins de deux heures après l'incident, les membres du Conseil de sécurité nationale avançaient des propositions pour réagir à la situation. "Nous devons répondre résolument aux actions agressives du Nord", indiquait le communiqué du président.

    Konstantin Asmolov, expert de l'Institut de l'Extrême-Orient affilié à l'Académie des sciences de Russie, rappelle que depuis le 17 août se déroulent des manœuvres américano-sud-coréennes impliquant 80 000 soldats — 50 000 sud-coréens et 30 000 américains. Percevant ces exercices comme une répétition d'invasion, Pyongyang avait exigé de Washington et de Séoul de les annuler et menacé d'utiliser une arme inconnue jusqu'à présent.

    "Le 4 août, deux soldats sud-coréens ont explosé sur une mine dans la zone démilitarisée, poursuit Konstantin Asmolov. Après l'étude préliminaire, le commandement sud-coréen a déclaré que la Corée du Nord n'était pas impliquée. Mais une semaine plus tard il s'est avéré que chacun des soldats avait perdu une jambe et devrait percevoir une indemnisation à vie. Séoul a alors décidé de faire porter le chapeau à Pyongyang. Le chef de la commission d'enquête a accusé la Corée du Nord et a présenté des débris de la mine explosée, qui n'avaient pas été retrouvés immédiatement. Pour réagir à l'incident, il a été décidé de relancer la propagande via les haut-parleurs". Et ce malgré les menaces du Nord de tirer sur les enceintes si le programme de guerre psychologique reprenait. Le Sud avait répondu que, dans ce cas, il riposterait. "C'est précisément ce à quoi nous avons assisté jeudi. Et aujourd'hui il est primordial d'éviter l'escalade", note l'expert.

    La Corée du Nord a envoyé à son voisin un ultimatum menaçant de lancer une offensive si d'ici 48 heures (à partir de 17 heures jeudi), Séoul ne stoppait pas sa campagne de propagande. Le ministère russe des Affaires étrangères estime que "toutes les parties doivent faire preuve d'un maximum de retenue, s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver la situation, et surtout éviter l'usage des armes à feu".

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    Tags:
    tirs, sécurité, Pyongyang, Séoul, Corée du Nord, Corée du Sud
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