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Le Fonds monétaire international (FMI) a décidé de prolonger jusqu'en octobre 2016 la composition actuelle de son panier de devises de référence, qui sert à calculer les droits de tirage spéciaux (DTS).

Cette décision est appelée à "amortir la période de transition" en cas de changement du panier. Sa révision quinquennale devait avoir lieu en novembre 2015 et le yuan aurait pu être reconnu comme une monnaie de réserve au même titre que le dollar américain, l'euro, la livre britannique et le yen japonais s'il avait été soutenu par au moins 70% des voix des détenteurs (le plus important étant les USA avec 16,7%).

En août, un rapport du FMI relatif à la révision du panier notait qu'en 2010 le yuan correspondait déjà aux critères pour la part des exportations (11% des exportations mondiales), mais n'était pas librement utilisé dans les opérations financières. Rappelons que la Chine maintient des restrictions sur le change de devises, les investissements à l'étranger et l'achat d'actions chinoises en bourse.

L'usage du yuan dans les opérations financières augmente mais part de très bas, remarque le FMI. Sa part dans les réserves internationales d'autres pays reste encore trop faible, mais compte tenu des crédits officiels accordés à d'autres pays, la monnaie chinoise s'élève à 1,1% (plus bas que les quatre autres devises). Dans le système SWIFT, les paiements en yuans représentent 1%, contre 0,2% il y a seulement deux ans (en prenant en compte Hong Kong, Macao et Taïwan). Le montant des engagements de non-résidents en yuans est déjà comparable aux indices du yen (710 milliards de dollars compte tenu des opérations avec Hong Kong, Macao et Taïwan). En termes d'obligations émises, la part du yuan n'est pas seulement plus basse que les monnaies de réserve, mais depuis 2010 leur part mondiale est passée de 0,1 à 1,4%.

Quant à la seconde partie du critère financier — l'usage du yuan en bourse (qui évalue la facilité pour échanger la devise à tout moment sans risque d'influencer son cours), même une grande opération pour échanger des yuans ne devrait pas causer de difficultés, estime le FMI. En 2013, selon la Banque des règlements internationaux, la part du yuan était de 1,1% (contre 0,4% en 2010), les échanges journaliers s'élevaient à environ 120 milliards de dollars. Depuis, cet indice aurait pu doubler, indique le rapport. Néanmoins, le yuan est populaire pour l'instant sur les bourses asiatiques — en Europe et en Amérique sa présence n'est notable qu'à Londres (échanges journaliers — 35 milliards de dollars, environ 1% du volume total), conclut le FMI.

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Tags:
yuan, Fonds monétaire international (FMI)
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