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D'ici 10 ans, le Pakistan pourrait monter sur la troisième marche du podium mondial en matière de potentiel nucléaire, selon les chercheurs de deux centres analytiques américains.

Alors que le pays fabrique déjà près de 20 ogives nucléaires par an, les experts craignent l'accélération de la course aux armements dans la région.

Selon un rapport de la Fondation Carnegie pour la paix internationale et le Stimson Center, le Pakistan accroît activement son arsenal nucléaire par crainte de son adversaire régional de longue date — l'Inde. Les deux États disposent de l'arme nucléaire mais ne font pas partie du "club nucléaire" de jure. Conformément au Traité de non-prolifération (TNP), seulement cinq États possèdent légalement l'arme nucléaire — les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France et la Chine.

A la fin du XXe siècle, dans le cadre de leur confrontation, l'Inde et le Pakistan ont fabriqué cette arme également. Selon les chercheurs, Islamabad a de l'avance sur New Delhi en matière de développement et d'accroissement du potentiel nucléaire. Les spécialistes américains ont calculé que le Pakistan possédait 120 ogives nucléaires contre 100 ogives pour l'Inde.

Dans les années à venir, l'arsenal nucléaire pakistanais pourrait encore augmenter considérablement, écrit le Washington Post. Le pays dispose d'importantes réserves d'uranium hautement enrichi, lui permettant de fabriquer rapidement des ogives nucléaires de faible puissance. De son côté, l'Inde possède de grandes quantités de plutonium qui pourrait servir à fabriquer des ogives plus puissantes. Dans le même temps, d'après les analystes américains, les Indiens utilisent la majeure partie de leur plutonium pour produire de l'électricité.

D'ici 5 à 10 ans, l'arsenal nucléaire pakistanais pourrait passer à 350 ogives, voire plus, prédisent les experts. Le voisin de l'Inde deviendrait alors la troisième plus grande puissance nucléaire mondiale derrière les USA et la Russie. Certes, Islamabad n'arrivera pas à atteindre le niveau de Moscou et Washington, mais pourrait parfaitement dépasser Londres, Paris et Pékin.

Les militaires pakistanais n'ont encore pas commenté les résultats de l'étude américaine. Les experts du pays, par contre, remettent en question ses conclusions. Ils affirment que les chercheurs ont basé leur étude sur une évaluation erronée, selon laquelle le pays utilisait toutes ses réserves de matières fissiles pour fabriquer des armes nucléaires. Selon l'expert en énergie nucléaire de l'université Quaid-i-Azam d'Islamabad Mansour Ahmed, dans les années à venir le Pakistan pourrait fabriquer tout au plus 40 ou 50 nouvelles ogives. Néanmoins, le spécialiste n'a pas contesté l'aspiration des militaires pakistanais à accroître les réserves nucléaires. "Les conclusions du rapport sont exagérées. Mais le monde doit comprendre que l'arme nucléaire est une protection fiable contre une agression extérieure", a déclaré Mansour Ahmed.

"Islamabad est prêt à adhérer au processus de désarmement nucléaire, tant prôné par la Russie et les USA, mais seulement après New Delhi", explique Vladimir Sotnikov de l'Institut d'études orientales affilié à l'Académie des sciences de Russie. Selon lui, l'Inde justifie sa non-adhésion par le "facteur chinois", et le Pakistan par le "facteur indien". "En l'absence de possibilités juridiques de pression sur le Pakistan, ce dernier montera à la 3e place d'ici 5 à 7 ans", souligne l'expert.

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Tags:
Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), armes nucléaires, nucléaire, Pakistan, États-Unis, Russie
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