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Alexis Tsipras, leader de la coalition de gauche radicale Syriza, a appelé ses collaborateurs à lui donner la possibilité d'être réélu premier ministre lors d'un congrès à Athènes samedi.

Il ne souhaite pas diriger un gouvernement de coalition, espérant obtenir la majorité absolue lors des législatives anticipées. Le principal rival du parti de Tsipras est la Nouvelle démocratie (centre-droit). Le nouveau mouvement Unité populaire, réuni par des anciens députés de Syriza et opposé aux réformes imposées par l'accord avec les créanciers de la Grèce, est également prêt pour les élections.

Depuis vendredi dernier, le pays est dirigé par un gouvernement provisoire supervisé par la présidente de la Cour suprême Vassiliki Thanou-Christophilou — la première femme chef de gouvernement de l'histoire du pays, nommée à ce poste par le président Prokopis Pavlopoulos. Vassiliki Thanou-Christophilou occupera ces fonctions jusqu'aux élections anticipées du 20 septembre. Son gouvernement compte 23 personnes en comptant les vice-ministres. Le portefeuille du ministre des Finances a été remis à Giorgos Houliarakis, l'un des principaux acteurs des négociations avec les créanciers internationaux ces derniers mois. Petros Molyviatis est à la tête du ministère des Affaires étrangères, un poste qu'il a déjà occupé à deux reprises. Le général à la retraite Ioannis Giangos dirigera le ministère de la Défense, alors que Panagiotis Nikoloudis sera ministre d'État pour la Lutte contre la corruption. Vassiliki Thanou-Christophilou est catégoriquement opposée à la politique d'austérité mais elle n'a pas de mandat pour annuler les réformes visant à réduire les dépenses budgétaires: sa principale tâche consiste à assurer le déroulement des élections.

Alexis Tsipras
© REUTERS / Christian Hartmann
Alexis Tsipras a annoncé sa démission le 20 août quand de nombreux députés de sa coalition se sont opposés à la politique d'austérité nécessaire pour bénéficier d'un troisième programme d'aide des créanciers de la Grèce. Le leader de Syriza avait dû accepter des réformes douloureuses pour le pays — augmentation des impôts, réduction des dépenses pour les retraites, etc. — pour obtenir le soutien financier du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Commission européenne. Cette décision a provoqué non seulement des manifestations, mais également une division au sein du comité central de Syriza: 25 députés, menés par l'ex-ministre de l'Énergie Panayotis Lafazanis, ont créé le mouvement Unité populaire. Ce dernier a été rapidement rejoint par 53 autres députés de Syriza. La nouvelle formation politique a confirmé qu'elle était prête à participer aux législatives.

A en juger par les sondages, Syriza a de réelles chances de remporter les législatives. Par contre, Euronews souligne que le parti n'arrivera peut-être pas à obtenir la majorité absolue. L'écart entre les partisans de Tsipras et ceux de la Nouvelle démocratie de centre-droit devrait être de 1 ou 2% seulement. A l'issue des élections un gouvernement de coalition pourrait être formé, qui serait soutenu par la Nouvelle démocratie, le mouvement socialiste panhellénique PASOK ou le parti Potami (Rivière) — formations qui soutiennent l'accord avec les créanciers européens. Mais Tsipras a déclaré qu'il ne dirigerait pas de tel gouvernement. "Je pense que ces trois partis représentent le système politique du passé", conclut-il.

 

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Tags:
Vassiliki Thanou-Christophilou, Syriza, Prokopis Pavlopoulos, Alexis Tsipras, Grèce
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