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    La propagande

    Tout ce que vous avez voulu savoir sur la propagande russe sans jamais oser le demander

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    Le président russe est soutenu à 80% par son peuple? C'est grâce à la propagande russe. Personne ne peut prouver la présence militaire russe en Ukraine? Merci la propagande. Les Criméens sont heureux de vivre en Russie? Aussi de la propagande. Arte nous explique, dans deux documentaires à peine caricaturaux, la bonne vérité sur la Russie.

    Arte, un projet de chaîne culturelle franco-allemande, prend le relais d'autres médias occidentaux pour rappeler à qui faire confiance si, d'aventure, des Français s'intéresseraient à des visions alternatives. "Sputnik. Ce seul nom réveille les fantômes de la guerre froide". La septième chaîne est déterminée: selon elle, le mot "Spoutnik" est associé à la guerre et non au progrès de l'humanité que fut en 1957 le premier satellite artificiel de la Terre. Ne pouvant faire de critique constructive sur le contenu du média russe, la chaîne se voit obliger de lancer des attaques ad hominem.

    De surcroît, Arte prend même la peine de diffuser la "vérité" sur la Russie en consacrant une page web à la propagande russe qui est mise à jour constamment.

    "Activisme, endoctrinement, intoxication, prosélytisme: voilà ce à quoi se livre Vladimir Poutine aux commandes de sa machine à propagande". Voilà pourquoi les Russes "l'estiment suffisamment fort pour résister à +l'ennemi+ et pour redorer le blason de leur pays".

    Pourtant, la chaîne culturelle se dit capable de protéger les Français de la désinformation russe, car tout ce qui vient de la Russie sur la Russie, la Crimée, l'Ukraine ou l'Occident, n'est que mensonge. Pour répondre à "l'intoxication russe", Stephan Kühnrich a tourné un film, "La propagande selon Poutine", qui s'accorde parfaitement avec l'autre, "En Poutine nous croyons", qui "va à la rencontre de la population russe".

    Ces "documentaires" ne passeront pas inaperçus, Le Figaro, Le Monde, Libération et beaucoup d'autres médias français ont déjà annoncé la diffusion de ces chefs d'œuvres qui dénoncent finalement "le culte de la personnalité de Poutine".

    La chaîne de télévision a même pris la peine d'expliciter que le site d'information Sputnik est bien russe et non français pour ceux qui, par hasard, n'auraient pas reconnu le mot d'origine russe, n'ont pas remarqué la ligne éditoriale du site et n'ont finalement tout simplement pas lu les articles figurant sur le site. Dans son dossier, Arte dévoile des "scoops" sur des contributeurs de Sputnik notamment Alexandre Latsa. Bien que cela figure en libre accès sur le site de Sputnik. Bien que Français, il vit en Russie… C'est pourquoi, il ne peut dire la vérité sur la Russie.

    La Russie est grande, elle se voit mieux de loin. Et voilà que les "documentaires" sont assaisonnés d'un dossier internet sur la véritable Russie et sa propagande, "avec notamment une interview du réalisateur Stephan Kühnrich, des reportages vidéo évoquant l'usine à trolls, la fièvre anti-américaine", et démasque "le plan du Kremlin pour conquérir l'Ukraine". Stephan Kühnrich fait part d'une information sensationnelle: si l'opposition n'est pas nombreuse, c'est à cause de la propagande et de la peur, il n'y a pas d'autres explications possibles. Quant au plan du Kremlin, il reste inachevé, lit-on dans le dossier: Victor Ianoukovitch ayant fui, la Crimée annexée et la ville de Kharkov est toujours ukrainienne.

    D'autre part, si un Français ne qualifie pas le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie d'annexion, qu'il n'est pas favorable à la politique atlantiste et qu'il ne vit pourtant pas en Russie, c'est qu'il est… payé par la Russie! C'est ce que soupçonne le Nouvel Obs. Puis il cible un professeur français, Jacques Sapir, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris (EHESS), président du Centre d'étude des modes d'industrialisation (CEMI) et professeur associé à l'Ecole d'économie de Moscou. L'Obs se demande si un spécialiste français sur la Russie rémunéré pour le travail qu'il fait peut être indépendant. S'il écrit la même chose sur son blog RussEurope pour lequel il n'est pas rémunéré, ce n'est alors pas vrai. S'il travaille avec d'autres médias en dehors de la Russie, et qu'il affirme qu'il publie ce qu'il  veut? Non plus.

    Pour résumer, si une information sur la Russie (mais aussi sur l'Ukraine ou l'Occident d'ailleurs) ne coïncide pas avec le mainstream occidentale, c'est de la propagande. Français, méfiez-vous de la propagande russe!

    Le pouvoir de la propagande russe
    Le pouvoir de la propagande russe

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    Tags:
    propagande, médias, Alexandre Latsa, Jacques Sapir, Vladimir Poutine, France, Russie
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