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Crise migratoire (789)
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La France va accueillir 24 000 réfugiés supplémentaires selon le quota qui lui a été attribué par l'Union européenne.

Les premières centaines de réfugiés syriens et irakiens ont déjà été transférées d'Allemagne, pays qui étouffe à cause de l'afflux de migrants, pour être installées dans des camps de vacances et des maisons de repos à proximité de Paris — à Champagne-sur-Seine, Bonnelles et Cergy-Pontoise.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré, lors d'une réunion des maires réunis d'urgence à Paris, que les municipalités recevraient mille euros par place créée pour loger des réfugiés. La même somme est promise à toute structure privée ou publique qui souhaiterait participer à cette campagne. Est-ce peu? Beaucoup? Comprenant que c'était probablement peu, le premier ministre Manuel Valls a laissé entendre que le soutien aux municipalités ne se limiterait pas à cette démarche et que prochainement, les fonds nécessaires seraient alloués. Toutefois, cela n'a pas empêché Nicolas Sarkozy, président du parti d'opposition Les Républicains, de qualifier cette subvention de "dérisoire".

Il faut dire que l'initiative promue par le gouvernement pour loger les réfugiés, où les mairies se voient attribuer un rôle central, a été accueillie sans enthousiasme par les maires. Même si elle a été soutenue dans plusieurs villes, notamment dirigées par des socialistes, par exemple à Paris, à Lille et à Lyon, d'autres hésitent, voire refusent. Et les raisons sont multiples. En règle générale, elles sont économiques. Par exemple, le maire de Noisy-le-Sec Laurent Rivoire (Union des démocrates et indépendants, UDI) explique: "J'ai 2 500 citoyens qui attendent un logement social depuis des années, et même à ces gens-là je n'ai rien à proposer". Patrice Bessac, maire PC de Montreuil, ville voisine de 100 000 habitants, ajoute: "Nous accueillons déjà des Maliens, des Mauritaniens et des Tziganes. Nos capacités sont épuisées".

Certaines petites villes pourraient ouvrir leurs portes — mais pas à tout le monde. Le maire de Roanne (Loire) Yves Nicolin est prêt à accueillir une dizaine de familles, à condition qu'elles soient chrétiennes. Selon lui, elles ont davantage souffert des persécutions des extrémistes de l'État islamique et la probabilité qu'un "agent de l'EI" se trouve parmi elles est faible, parce qu'il est peu plausible qu'un terroriste islamique accepte de travailler pour un "infidèle".

Le député européen des Verts belges, Philippe Lamberts, a suggéré une initiative intéressante soutenue par les Verts français et d'autres membres de la fraction des défenseurs de l'environnement. Lamberts a préconisé d'installer les réfugiés dans le bâtiment du Parlement européen à Strasbourg. Et il était parfaitement sérieux. Il a calculé que les députés européens passaient à Strasbourg seulement 50 jours par an pour les sessions plénières, et que le reste du temps ils étaient dans leur pays ou à Bruxelles, où se trouve le siège de cette structure où travaillent ses comités.

Comme l'a déclaré Lamberts, il y a actuellement 750 bureaux de députés à Strasbourg, "ils sont chauffés, équipés de douches et ne sont pas utilisés". Quant aux sessions, elles pourraient être organisées à Bruxelles. La direction du Parlement européen n'a pas encore réagi à cette démarche.

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crise migratoire, migrants, migration, réfugiés, Union européenne (UE), Philippe Lamberts, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, France
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