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    Athènes, Grèce, Sept. 20, 2015.

    Alexis Tsipras veut poser les fondements d'une nouvelle Grèce

    © AP Photo/ Lefteris Pitarakis
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    La crise financière en Grèce (236)
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    Le premier ministre grec Alexis Tsipras a tenu lundi un discours programmatique devant le parlement, soulignant sa volonté de respecter toutes les exigences des créanciers internationaux, réaffirmant l'impossibilité d'une sortie du pays de la zone euro et sa promesse de rétablir la stabilité économique de la Grèce sous 20 mois.

    Selon Alexis Tsipras, qui a renforcé ses positions suite aux élections anticipées de septembre, le gouvernement envisage de se concentrer sur la résolution de trois questions prioritaires: le rétablissement de la stabilité macroéconomique du pays et la reprise de la croissance; la recapitalisation du système bancaire torpillé par la crise; et enfin l'attraction de liquidités et d'investissements pour l'économie grecque.

    Le premier ministre estime que la croissance sera visible dès le premier semestre 2016 et que le retour de la Grèce sur les marchés internationaux d'emprunts aura lieu au cours des 20 mois à venir.

    Le "plan Tsipras" prévoit également la mise en œuvre de toutes les conditions du mémorandum signé en juin avec les créanciers de la Grèce sur l'octroi, par la BCE, de plus de 89 milliards d'euros en échange de réformes structurelles.

    Alexis Tsipras a tempéré ce coup dur en soulignant sa volonté de poursuivre la lutte pour le "rétablissement de la justice sociale" malgré certains "points compliqués des accords". D'après lui, cette justice repose sur l'assouplissement des exigences les plus sévères de Bruxelles et de Berlin d'un point de vue social, ainsi que le droit d'augmenter progressivement le salaire minimal et de garder les monopoles énergétiques entre les mains de l'État grec.

    Une autre thèse de Tsipras, sur laquelle il a attiré l'attention des parlementaires, a été la promesse d'obtenir la restructuration de l'énorme dette publique grecque, qui a atteint 180% du PIB en 6 ans. Mais contrairement à l'opposant Tsipras, qui parlait de l'annulation totale des "dettes illégales", le premier ministre Tsipras n'évoque actuellement que la réduction des taux d'intérêt, l'ajournement des paiements et l'introduction des facilités prolongées visant l'acquittement des emprunts.

    Les autres priorités citées par le premier ministre grec sont la mise en œuvre de réformes radicales dans le domaine de la gestion publique, l'augmentation de son efficacité, ainsi que la lutte contre la corruption et la bureaucratie.

    Les observateurs grecs font déjà remarquer que sa rhétorique antieuropéenne sévère, ses exigences envers l'Allemagne (de payer des réparations de guerre) et d'autres attaques contre Berlin et Bruxelles ont disparu sans laisser de trace, alors que le premier ministre même s'est transformé de personnalité charismatique et populiste d'extrême-gauche en social-démocrate européen tout à fait classique.

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    Tags:
    Banque centrale européenne (BCE), créanciers, économie, Union européenne (UE), Alexis Tsipras, Grèce
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