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Qui combattent vraiment les États-Unis et leur coalition internationale en Syrie? Répondre à cette question permet de comprendre pourquoi les frappes militaires russes contre les radicaux de l’État islamique suscitent autant de protestations de la part de Washington.

Plus les actions des militaires russes sont précises, plus le degré d'indignation de la Maison Blanche est élevé. Washington a même impliqué le commandement de l'Otan dans ces critiques contre la Russie.

Pourquoi, au lieu d'unir leurs efforts avec Moscou pour combattre les extrémistes, les USA s'opposent-ils aux plans russes en Syrie? Foreign Policy décèle dans ce comportement les craintes de Washington pour le sort des rebelles qui, "avec le soutien de l'Amérique, se battent pour renverser le président syrien Bachar al-Assad".

Quand en 2011 le locataire de la Maison blanche Barack Obama avait commencé d'insister sur la démission d'Assad, la CIA avait "commencé à apporter un soutien militaire aux rebelles syriens opposés au pouvoir", rapporte la revue américaine The Daily Beast.

Cependant, la lutte contre l'État islamique est devenue en août 2014 la principale priorité de la Maison blanche, et il a été décidé de bombarder les positions de l'organisation en Irak et en Syrie. Le Pentagone a élaboré un programme pour former, d'ici la fin de l'année 2015, entre 3 et 5 000 combattants de l'opposition dite "modérée", afin qu'ils combattent les forces de l'EI sur le terrain avec un appui aérien américain. La Maison blanche avait décidé de se concentrer uniquement sur l'EI, exigeant des rebelles de signer un document selon lequel ils s'engageaient à ne combattre que les islamistes radicaux, et non les forces du gouvernement de la Syrie. Comme l'a reconnu plus tard le Pentagone, ce fut l'une des raisons de l'échec du programme: la grande majorité des rebelles a refusé de combattre les extrémistes de l'EI, se fixant pour objectif principal le renversement de Bachar al-Assad.

L'existence parallèle de deux programmes aux objectifs opposés a mis en évidence la stratégie confuse et ambiguë de la Maison blanche. A en juger par les déclarations du chef du Pentagone Ashton Carter, Washington tente de poursuivre en Syrie plusieurs objectifs à la fois et n'arrive pas à définir sa priorité: la lutte contre l'EI ou le renversement d'Assad.

Au final, la Maison blanche ne peut pas officiellement reconnaître que sous prétexte de la lutte contre l'EI, la coalition internationale créée par les USA couvre l'opposition armée syrienne destinée à combattre Assad. Ni avouer que l'opération contre les extrémistes de l'EI était secondaire.

Les frappes russes contre les terroristes en Syrie sans distinction entre "bons" et "mauvais" a enfreint les plans du Pentagone — renverser le dirigeant syrien et instaurer dans le pays une zone d'exclusion aérienne. Comme l'a déclaré le ministère russe de la Défense, "les partenaires de la Russie qui voient en l'EI un véritable ennemi fournissent aux militaires russes les informations sur les bases, les entrepôts, les postes de commandement et les camps de formation de terroristes".

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Tags:
lutte antiterroriste, présidence américaine, Etat islamique, Ashton Carter, Bachar el-Assad, Barack Obama, Washington, Syrie, États-Unis, Russie
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