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Après le krach de 1929, toutes les bourses ont adopté des règles pour empêcher qu'un tel scénario se reproduise.Cependant, aucune règle ne semble avoir été élaborée pour les analystes et les experts économiques. Et c'est bien dommage.

Entre le 24 et le 29 octobre 1929, la Bourse de New York connaissait son premier krach, marquant le début de la Grande dépression — une crise économique mondiale qui a affecté la moitié de la planète et a été surmontée, dans une certaine mesure, grâce à la Nouvelle donne de Franklin Delano Roosevelt et au début de la Seconde Guerre mondiale.

Certains savent que le krach de 1929 a été précédé par une hausse sans précédent des spéculations en bourse, auxquelles participaient des millions d'Américains à l'affût d'argent facile — qui ne comprenaient pas grand-chose à l'économie mais faisaient confiance aux économistes et aux experts, ainsi qu'aux publicités proposant de devenir riche en misant en bourse.

Très peu veulent comprendre aujourd'hui que ces mêmes économistes et experts sont responsables du krach boursier de 1929 et de la Grande dépression qui a suivi, étant donné qu'ils refusaient obstinément de voir la réalité et continuaient de mentir aux citoyens avant, pendant et encore longtemps après le krach.

"Il n'y aura plus de krach à notre époque", John Maynard Keynes, 1927.
"Je ne peux être d'accord avec ceux qui affirment que nous visons dans un paradis pour imbéciles et que la prospérité de notre pays fléchira forcément à court terme", E.H.H. Simmons, président de la Bourse de New York, 12 janvier 1928.
"Il n'y aura pas d'interruption à notre prospérité permanente", Myron E. Forbes, président de Pierce-Arrow Motor Car Co, 13 janvier 1928.
"Les actions pourraient connaître une certaine récession, mais aucune catastrophe ne se produira", Irving Fischer, économiste américain éminent, New York Times, 5 septembre 1929.
"La situation de l'industrie américaine est excellente. Les marchés sont dans un état remarquable", Charles Mitchell, président de National City Bank, 15 octobre 1929.

"L'économie fondamentale du pays — la production et la redistribution des marchandises — repose sur une base solide et favorable", le président américain Herbert Hoover, 24 octobre 1929.
"Nous ne croyons pas en une chute grave: selon nos prévisions, l'économie se relancera au printemps, en automne la situation sera encore meilleure", Harvard Economic Society, 10 novembre 1929.
"La tempête financière est définitivement derrière nous", Bernard Baruch, télégramme à Winston Churchill, 15 novembre 1929.
"Je ne vois dans la situation actuelle rien de menaçant ou qui susciterait du pessimisme… Je suis certain qu'il y aura un regain d'activité économique au printemps et qu'au cours de l'année prochaine le pays connaîtra un développement stable", Andrew Mellon, ministre américain des Finances, 31 décembre 1929.
"L'année 1930 sera remarquable en termes de création d'emplois", ministère américain du travail, pronostic du Nouvel an, décembre 1929.
"Bien que la catastrophe se soit produite il y a seulement six mois, je suis sûr que le pire est derrière nous et qu'en unissant nos efforts nous surmonterons rapidement le déclin. Les banques et l'industrie n'ont pratiquement pas été affectées. Le danger est assurément derrière nous", le président américain Herbert Hoover, 1er mai 1930.
"Messieurs, vous avez 60 jours de retard, la dépression est terminée", le président américain Herbert Hoover, en réponse à la délégation demandant d'organiser un programme de travaux publics pour accélérer le recouvrement économique, juin 1930.

Ces citations semblent si familières. Pas parce que nous connaissons si bien l'histoire du krach boursier de 1929, mais parce qu'on retrouve ces phrases dans toutes les revues économiques aujourd'hui, probablement écrites par les arrière-petits enfants des experts et économistes "légendaires" qui ont "accompagné" le début de la Grande dépression aux USA. Ce qui laisse songeur…

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Tags:
bourse, crise économique, économie, Seconde Guerre mondiale, Franklin Roosevelt, New York, États-Unis
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