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    Le yuan, nouvelle monnaie mondiale de réserve?

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    A partir d'octobre 2016, le yuan chinois sera sur un pied d'égalité avec le dollar, l'euro, la livre sterling et le yen japonais.

    En effet, le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à l'inclure dans son panier des monnaies de réserve selon un rapport d'experts préparé pour le conseil d'administration du FMI, qui pourrait être examiné dès novembre.

    La Chine revendique depuis longtemps ce nouveau statut pour sa devise et avance constamment de nouveaux arguments. En 2014, le yuan est monté à la 5e place avec 2,06% des opérations internationales selon SWIT, et en août il évincé de la 4e place le yen en augmentant sa part dans les échanges mondiaux jusqu'à 2,79%. Depuis 7 ans, le yuan a ainsi dépassé sept devises. Les exportations chinoises dépassent celles des USA (2e place), de l'Allemagne (3e place, les plus importantes de la zone euro), du Japon (4e place), sans parler des exportations britanniques (11e place).

    Mais relever le statut du yuan serait tout de même une décision surprenante du FMI, estime Iakov Mirkine, responsable du service des marchés internationaux du capital. L'inclusion dans le panier du FMI d'une devise qu'il est possible de manipuler contredit le fond même d'une monnaie de réserve comme un outil absolument marchand. Le cours du yuan est maniable, qui plus est il reste artificiellement abaissé, et c'est l'un des avantages qui permettent à la Chine de réaliser son miracle économique. Il est impossible de "lâcher en liberté" le yuan de manière indolore. Certes, le rôle global de Pékin va grandissant, mais en plus des restrictions sur le marché monétaire du pays son système financier fonctionne comme une pompe qui couvre, avec la planche à billets, une hausse des dettes problématique, note l'expert. C'est un état artificiel de l'économie, en régime de forçage, avec une part d'investissements à hauteur de 46% du PIB.

    Si le yuan était tout de même inclus au panier du FMI, ce serait pour la Russie un exemple de stratégie réussie pour promouvoir sa devise nationale au niveau international. Le yuan a dépassé le rouble, alors qu'il y a quelques années ce dernier était plus sollicité dans les opérations internationales. Selon SWIFT, le yuan est entré dans le top-20 des devises en janvier 2012, quand le rouble était en 14e position.

    En soi, l'inclusion du yuan au panier du FMI ne serait pas une révolution, même si cela contribuerait à l'attractivité des actifs financiers en devise chinoise. La Chine fait déjà tout pour inclure le yuan dans le commerce international, et la part de sa monnaie dans les opérations sino-russes augmentera indépendamment de la décision du FMI, conclut Iakov Mirkine.

    Pour atteindre cet objectif, le yuan aura besoin de 70% des voix au conseil d'administration du FMI.

     

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    Tags:
    économie, finances, marchés, yuan, Fonds monétaire international (FMI), Chine
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