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    COP21: dernière conférence avant l'apocalypse

    © AFP 2019 Alain Jocard
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    Conférence sur le climat de Paris (2015) (39)
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    En dépit des difficultés économiques qu'elle traverse et des récents attentats de Paris, la France accueille en ce moment la 21e conférence internationale sur le climat (COP21), et avec elle plus de 150 chefs d’État, des débats sur les problèmes internationaux d'actualité, des milliers de soldats, de policiers et des manifestations dispersées.

    Quand la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée au cours du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, il semblait alors que la Guerre froide et la rivalité des superpuissances étaient révolues et que l'heure était venue, pour tous les pays, de remettre en état la planète en oubliant les querelles d'autrefois.

    L'objectif proclamé était noble — maintenir la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau sûr pour le système climatique. Mais avec une réserve importante: ce paradis écologique ne devait nuire ni à la production alimentaire ni au développement économique.

    Cinq ans plus tard, la signature du protocole de Kyoto instaurait un mécanisme de réduction des émission de CO2. Il s'est rapidement avéré que ce mécanisme fonctionnait mal. Les USA, responsables de plus de 36% des émissions mondiales, ont signé ce protocole mais ont refusé de le ratifier. Après quoi les autres pays ne se sont évidemment pas empressés de prendre des mesures pouvant affecter leur développement économique. Le commerce des quotas d'émission s'est développé et le réchauffement climatique suivait son cours.

    Dans ces conditions, la COP21 de Paris suscite de l'espoir: il est prévu d'élaborer et d'adopter un nouveau document global, de s'entendre sur les mesures permettant de limiter le réchauffement de l'atmosphère à un maximum de 2 degrés par rapport aux indices de l'époque préindustrielle.

    A l'approche du sommet, les médias français ont rapporté le moindre détail en lien avec les préparatifs et ont véritablement chauffé le public. Au final, les attentes ont atteint un tel degré qu'on avait l'impression que le monde s'effondrerait si un nouvel accord n'était pas signé pendant cette conférence. Le premier ministre français Manuel Valls a parfaitement exprimé ce ressenti en déclarant en septembre, plus de deux mois avant le rendez-vous: "L'enjeu est colossal. Il engage l'humanité car il y va de la survie de notre planète".

    En dépit de ces fortes déclarations, les perspectives du sommet restent floues pour l'instant. Le rendez-vous précédent de Copenhague avait lamentablement échoué. Cette fois, tout le monde semble d'accord pour signer un nouvel accord mais pas sur les conditions. L'UE, qui se sent à l'aise avec ses sources d'énergie alternatives, insiste sur des engagements forts; les USA, par contre, ne veulent pas freiner volontairement leur développement économique.

    L'Alliance des petits États insulaires exige des restrictions maximales sur les émissions, alors que ce n'est absolument pas dans l'intérêt des pays producteurs d'hydrocarbures.

    Certes, cette divergence d'intérêts n'empêchera pas d'adopter un document final — les bureaucrates de l'Onu ont une grande expérience pour accorder des positions controversées. Mais on n'y trouvera alors rien que de vagues formules et ce ne sera certainement pas un pas en avant par rapport au protocole de Kyoto.

    Dossier:
    Conférence sur le climat de Paris (2015) (39)

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    Tags:
    COP 21, protocole de Kyoto, environnement, Paris
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