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    membre du groupe de l'opposition syrienne islamiste Ahrar al-Sham

    "Terroristes" ou "opposants"? Russie et USA n'arrivent pas à s'entendre

    © AFP 2019 Alice Martins
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    Alors que l'Arabie saoudite insiste sur l'inclusion de l'organisation Ahrar al-Sham dans le futur gouvernement de coalition syrien, alors même qu'elle est l'alliée du Front al-Nosra proche d'Al-Qaïda, la Russie considère le mouvement comme une organisation terroriste et proteste contre sa participation aux négociations.

    Les États-Unis ne s'y opposent pas et expriment seulement leur "préoccupation".

    Aujourd'hui, l'organisation Ahrar al-Sham fait partie des quelque 90 représentants de l'opposition syrienne invités par l'Arabie saoudite à participer aux négociations à Riyad. La revue américaine Foreign Policy note que cette réunion devrait déboucher sur la création d'une "opposition commune" pour participer au processus de paix syrien.

    La Russie, de son côté, estime qu'Ahrar al-Sham doit être inscrite sur la liste des organisations terroristes écartées du processus de paix — contrairement à l'État islamique et au Front al-Nosra, ce mouvement n'est pas reconnu comme terroriste. Pour leur part, les USA ont exprimé leurs préoccupations quant à ses liens avec le Front al-Nosra.

    Foreign Policy rappelle qu'Ahrar al-Sham est l'un des plus puissants groupes combattant le président syrien Bachar al-Assad, et qu'il n'est pas formellement terroriste. Ses représentants déclarent ne pas partager l'idéologie extrémiste d'Al-Qaïda. Dans le même temps, cette organisation fait tout de même partie de la coalition incluant également des radicaux du Front al-Nosra et d'autres groupes extrémistes.

    Ces derniers temps, les États-Unis ont exprimé leur disposition à coopérer avec Ahrar al-Sham si cette dernière "soutenait les efforts internationaux pour trouver une solution politique au conflit syrien".

    Foreign Policy remarque que la définition de qui est un membre légitime de la coalition antigouvernementale et qui est terroriste est centrale pour trouver une solution politique. "Ceux que la Russie voit comme terroristes sont souvent, à nos yeux, des combattants de l'opposition modérée", résume un diplomate occidental.

    Les divergences ont atteint un tel niveau que le Qatar appelle même le Front al-Nosra à rompre ses liens avec Al-Qaïda s'il espère pouvoir finalement participer au processus de transition politique du pouvoir.

    Parallèlement, les représentants iraniens estiment que la tentative saoudienne d'unir l'opposition "fera dévier les efforts politiques sur la Syrie et mettra en échec les négociations de Vienne".

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    Tags:
    terrorisme, lutte antiterroriste, opposition, États-Unis, Russie, Syrie
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