Ecoutez Radio Sputnik
    Chypre

    Chypre: petite île, grands espoirs

    © Flickr/ Franco Pecchio
    Lu dans la presse
    URL courte
    Nicosie Moscou
    2150

    L’un des conflits ethniques les plus longs d’Europe sera-t-il bientôt de l'histoire ancienne?

    En un mois, Chypre a attiré un grand nombre de représentants des plus grands pays du monde. Le ministre des Affaires étrangères de la Grande-Bretagne Philip Hammond, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le secrétaire d'État américain John Kerry et le président français François Hollande s'y sont rendus avant de céder la place au ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi. Le président de la République de Chypre Nicos Anastasiades a rapporté que si les investissements étaient au centre des pourparlers, l'apaisement des tensions entre la communauté grecque et turque à Chypre a également occupé une grande partie des discussions. Un journaliste de Novye Izvestia nous explique pourquoi Chypre attire autant les hauts fonctionnaires internationaux en ce moment.

    Le ministère des Affaires étrangères de la République de Chypre a révélé aux journalistes russes présents à Nicosie que les communautés grecque et turque étaient plus que jamais proches d'une solution au conflit qui les opposait. Les deux parties seraient prêtes à faire des concessions pour faire tomber la frontière barbelée qui sépare la belle île depuis plus de 40 ans. Après ses entretiens avec Anastasiadis et le chef de la communauté chypriote turque Mustafa Akinci, le secrétaire d'État américain John Kerry a évoqué "des progrès en la matière".

    Ces avancées sont à mettre sur le compte de la personnalité du nouveau président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) qui, à la surprise générale, a remporté la victoire aux élections. "Il se comporte avant tout comme un Chypriote, et ensuite comme un Turc", dit-on d'Akinci à Chypre.

    Toutefois, le ministère des Affaires étrangères de Chypre souligne que la question est loin d'être résolue. Si l'État était réunifié, on pourrait s'attendre à des contradictions administratives, au niveau de la propriété, de la sécurité et de l'économie. Mais le problème principal qui continue de faire obstacle à l'unification est le fait que "la Turquie s'immisce dans les pourparlers", regrettent les représentants politiques chypriotes. Côté grec de l'île, on considère qu'il est important de voir à quel degré la communauté turque sera libre dans ses décisions par rapport à Ankara, une fois que les deux parties s'installeront à la table des négociations. "Le règlement de la question chypriote n'est pas dans l'intérêt de la Turquie car l'occupation du nord de l'île lui permet de contrôler cette partie de la Méditerranée", supposent nos interlocuteurs au ministère des Affaires étrangères de Chypre. Ces derniers soulignent également le rôle de la Russie, qui base toujours son approche de la question sur les décisions du Conseil de sécurité de l'Onu. "Nous ne voulons pas que quelque force extérieure s'immisce dans ce dossier. Et la Russie est du même avis: le règlement du conflit en République de Chypre est l'affaire des Chypriotes eux-mêmes", note le ministère des Affaires étrangères. En raison de la situation géopolitique, les Chypriotes voient aujourd'hui la Russie comme leur alliée non seulement pour le processus d'unification du pays, mais aussi pour la confrontation politique avec la Turquie, considérée comme le pays-occupant sur l'île.

    La République de Chypre soutient de plus en plus activement la lutte contre les extrémistes en Syrie. D'abord, le Royaume-Uni a commencé à utiliser ses bases sur l'île pour attaquer Daech. La Russie s'est ensuite adressée au gouvernement du pays pour obtenir la permission d'utiliser ses bases aériennes afin de lutter contre le terrorisme. Un accord à cet effet est déjà en vigueur entre Nicosie, Paris et Berlin.

    "L'île de Chypre entretient des relations amicales avec presque tous les pays du monde. En cas de besoin de nombreux pays, et notamment la Russie, pourraient, je pense, évacuer leurs concitoyens sur l'île ou se servir de l'île pour d'autres opérations", a déclaré le Secrétaire général de la Chambre de commerce de Chypre Marios Tsiakkis. Selon lui, Nicosie n'interviendra pas dans la crise syrienne par des moyens militaires. Mais les autorités chypriotes sont prêtes à apporter leur soutien aux autres pays dans la lutte contre l'État islamique. "La Russie a demandé de l'aide, et nous sommes en train d'en discuter", conclut-il.

    Lire aussi:

    Le conflit gazier s'enflamme entre Chypre et Israël
    Un chasseur britannique perd 2 missiles au-dessus de Chypre
    Chypre: un octogénaire envoie sa retraite à Tsipras pour "aider le peuple grec"
    Embargo: Grèce, Hongrie et Chypre en passe d’être réadmis sur le marché russe
    Tags:
    politique, Chypre
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik