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    L'Allemagne va bientôt expulser du pays les demandeurs d'asile qui ont demandé le statut de réfugié. Image d'illustration

    Réfugiés: Berlin durcit sa politique

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    En réponse aux critiques fustigeant sa politique de "portes ouvertes", l'Allemagne va bientôt expulser du pays les demandeurs d'asile qui ont demandé le statut de réfugié même s'ils viennent de pays considérés comme "sûrs" - c'est-à-dire où leur vie n'est pas menacée.

    La chancelière allemande Angela Merkel doit encore s'expliquer à ce sujet avec ses collaborateurs dans le camp chrétien-démocrate.

    Le thème des réfugiés a redoublé d'actualité après les événements survenus dans plusieurs villes allemandes, notamment à Cologne, pendant la nuit du Nouvel an. Rappelons que des ressortissants d'Afrique du Nord en état d'ébriété, dont de nombreux nouveaux arrivants, avaient volé, violé ou tenté de violer des centaines de femmes.

    En milieu de semaine, Angela Merkel sera à Munich pour mener des pourparlers avec ses alliés bavarois de la coalition dirigeante, qui s'opposent depuis longtemps à la politique des autorités fédérales concernant les réfugiés et menacent même de saisir la Cour constitutionnelle à ce sujet. La chancelière terminera sa semaine à Ankara pour aborder le même sujet. A cause de ces réunions elle manquera même le Forum économique mondial de Davos qui débute le 20 janvier en Suisse.

    Allemagne: des roses contre la barbarie
    © AFP 2019 Patrik Stollarz
    Les "frondeurs" de la coalition dirigeante CDU/CSU estiment que les mesures prises par Angela Merkel pour régler le problème des réfugiés sont insuffisantes. La chancelière a elle-même initié l'élaboration d'amendements à la législation et désormais, l'Allemagne expulsera les migrants ayant le statut de réfugié condamnés à un an de prison. Auparavant, il n'était possible de renvoyer à la frontière seulement ceux qui étaient condamnés à trois ans d'emprisonnement et plus. Les nouveaux amendements durcissent également les règles de résidence en Allemagne pour les auteurs d'infraction étrangers qui ont des mineurs à charge en Allemagne. Ils seront autorisés à rester dans le pays mais avec des prestations sociales réduites et un accès à l'embauche limité. La liste des pays "sûrs" d'où la migration ne donne pas le droit à un asile en Allemagne sera élargie: à l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Ghana, le Kosovo, la Macédoine, le Monténégro, le Sénégal et la Serbie s'ajouteront le Maroc, l'Algérie et la Tunisie. La plupart des personnes interpellées pour les crimes commis à Cologne vivaient en effet dans ces trois pays du Maghreb avant leur émigration en Allemagne. La procédure d'expulsion, elle, sera très simplifiée — ce qui se reflétera sur le nombre de personnes expulsées.

    Les électeurs allemands, eux aussi, sont de plus en plus disposés au durcissement de la loi, du moins depuis l'automne dernier. Les Allemands, et visiblement le gouvernement fédéral, ne pouvaient pas prédire que le nombre de réfugiés en 2015 dépasserait le million de personnes (1,1 millions seulement pour les migrants enregistrés). Les événements de la nuit du Nouvel an ont également changé l'attitude de la population. Selon un sondage de l'INSA dont les résultats sont parus la semaine dernière dans la revue Bild, 61% des Allemands interrogés ont changé d'attitude envers les migrants avec les événements de Cologne.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    demandeurs d'asile, crise migratoire, migration, migrants, réfugiés, Angela Merkel, Allemagne
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