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    Migrants en Autriche

    L'Autriche ferme ses frontières aux réfugiés

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    Le gouvernement autrichien a pris hier des mesures pour stopper les vagues de réfugiés qui transitent par son territoire pour rejoindre l'Europe occidentale.

    Mardi, à l'approche de cette réunion, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait averti que des tentatives trop radicales des membres de l'Union européenne pour se prémunir des flux migratoires pourraient "entraîner l'éclatement de l'UE".

    Conformément au plan adopté par le gouvernement autrichien, le nombre d'individus pouvant déposer une demande de statut de réfugié dans ce pays sera réduit à 1,5% de la population d'ici quatre ans — soit 37 500 personnes contre 90 000 l'an dernier. Cela signifie que prochainement, les autorités autrichiennes renforceront considérablement le contrôle frontalier pour empêcher un "surplus" de demandeurs d'asile.

    Samedi, l'Autriche avait déjà annoncé sa sortie temporaire de l'accord de Schengen qui permet de se déplacer sans visa sur le territoire des pays signataires. Les Autrichiens justifiaient leur démarche par "l'impossibilité de gérer autrement le flux de réfugiés". En particulier, Vienne affirme que sans contrôle frontalier il est impossible de distinguer ceux qui recherchent réellement un asile politique des migrants "économiques". Le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz a également rappelé la position de son pays, exprimée depuis longtemps: c'est aux frontières de l'UE qu'il faut décider de qui peut entrer ou non. C'est-à-dire en Grèce, en Espagne, en Italie et dans d'autres pays où arrivent les bateaux de fortune des contrebandiers qui transportent les futurs demandeurs d'asile.

    Trois pays scandinaves (Norvège, Danemark, Suède), Malte, la Hongrie et en partie l'Allemagne et la France misent sur l'instauration d'un contrôle frontalier pour faire face à ce qu'on appelle déjà le "plus grand désastre social en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale".

    Mais l'exemple autrichien semble être le plus dangereux pour l'avenir de l'UE. Après tout, ce pays ne s'était encore jamais permis de "rébellion" contre la ligne paneuropéenne. Même en automne 2015, en pleine crise migratoire, l'Autriche avait seulement accepté de suspendre ses communications ferroviaires avec l'Allemagne. Vienne avait également critiqué les projets de la Hongrie et de la Croatie de bâtir un mur le long de sa frontière. Et il ne sera pas si simple de la sanctionner pour infraction aux règles de l'UE: l'Autriche n'est pas la Grèce ou la Hongrie, mais l'un des pays européens les plus prospères.

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    Tags:
    Jean-Claude Juncker, migrants, frontière, réfugiés, Union européenne (UE), Autriche
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