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    drapeaux de l'UE

    Comment les frontières européennes sont tombées

    © AFP 2019 Philippe Huguen
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    Crise migratoire (789)
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    L'accord de Schengen sur la libre-circulation des citoyens de l'UE est entré en vigueur le 1er février 1994, transformant Bruxelles en nouveau centre économique, équivalent moderne du Saint-Empire romain germanique.

    Ce processus a débuté sous l'impulsion de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, de la France et de l'Allemagne de l'ouest, qui ont signé un premier accord le 14 juin 1985.

    Le 19 juin 1990, à une époque où tout le monde sentait déjà que les relations internationales allaient changer de manière irrévocable, la Communauté économique européenne a adopté la Convention de Schengen. Cette dernière a ensuite intégré l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce, l'Autriche, le Danemark, la Finlande et la Suède.

    En 2007, quelques mois avant la crise économique qui aurait pu tuer ce processus dans l'œuf, les accords ont inclus plusieurs États de la périphérie européenne: la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie et Malte. L'espace Schengen a même accepté l'Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein qui ne faisaient pourtant pas partie de l'UE.

    A l'origine, donc, l'espace Schengen semblait promis à un avenir radieux. Il semblait même parfois que ce mécanisme d'intégration pouvait assouplir l'égoïsme des pays de l'UE, les forcer à oublier tous les litiges territoriaux et leurs reproches mutuels. Mais la guerre ukrainienne a éclaté. La Crimée est redevenue russe. Des centaines de milliers de réfugiés du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord se sont lancés vers l'Europe.

    L'accord de Schengen a été mis à mal. Après avoir accueilli plus d'un million d'immigrés en 2015, l'Allemagne a rétabli le contrôle de sa frontière avec l'Autriche, qui a pris la même décision concernant la Hongrie. En janvier 2016, le Danemark a renforcé la surveillance de la frontière allemande. Cette réaction de chaîne a également affecté la Suède, qui a adopté des mesures restrictives sur sa frontière avec le Danemark. Le célèbre bien-être de Stockholm est un attrait puissant: plus de 160 000 personnes ont demandé asile en Suède en 2015.

    La barrière érigée par la Hongrie à sa frontière avec la Slovénie et la Croatie a marqué l'apogée de ce rejet massif des accords de Schengen. Aujourd'hui, Bruxelles est attaqué par la droite et les conservateurs en général. David Cameron, premier ministre britannique, menace de quitter l'UE si cette dernière n'arrivait pas à maîtriser la crise migratoire.

    Actuellement, cette charge de 28 pays et de 508 millions de citoyens repose sur Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui a promis de sauver Schengen en décembre 2015. En tant qu'ancien chef de l'Eurogroupe, il comprend parfaitement l'importance de l'accord pour la préservation du marché unique et de la monnaie européenne, qui subit des attaques américaines depuis son introduction en 1999. Le leadership du système économique global est en jeu. Fin 2014, le PIB des pays de l'UE se chiffrait à 18.495 milliards de dollars (24% du PIB mondial) et dépassait celui des États-Unis, de la Chine et du Japon.

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    Tags:
    accords de Schengen, crise migratoire, Espace Schengen, frontière, euro, Union européenne (UE), Jean-Claude Juncker, David Cameron, Crimée, Autriche, Europe, Hongrie, Ukraine, Allemagne
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