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La Grèce a reçu une liste de recommandations pour l'accueil des migrants et la protection des frontières extérieures de l'UE.

La Commission européenne a donné trois mois à Athènes pour remplir ces directives. Dans le cas contraire, la durée pendant laquelle un pays signataire de l'accord de Schengen pourra rétablir temporairement le contrôle sur ses frontières à l'intérieur de la zone de libre-circulation pourrait passer de 6 mois à deux ans. Les diplomates précisent que ce n'est "pas une tentative de punir la Grèce mais l'unique issue possible à la crise".

"Les recommandations de l'Europe exigent de perfectionner les procédures d'enregistrement, y compris de mettre à disposition des effectifs humains et des lecteurs d'empreintes digitales en nombre suffisant", a déclaré à Strasbourg le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis. Selon lui, "il est important de vérifier l'identité des migrants d'après leurs papiers d'identité via la base de données d'Interpol, du système information de Schengen et des pays membres". Et d'ajouter: "La Grèce doit remédier à ses défaillances dans la gestion du flux de migrants à sa frontière maritime avec la Turquie. Il faut des vaisseaux en nombre suffisant pour pouvoir signaler tout navire qui traverserait la mer de la Turquie vers la Grèce, et aménager des bâtiments pour accueillir les demandeurs d'asile". Valdis Dombrovskis pense également qu'il est nécessaire "de créer des conditions décentes pour les demandeurs d'asile et de renvoyer les migrants économiques".

Ces prescriptions, formulées par le commissaire européen pendant la session plénière du Parlement européen, s'appuient sur le rapport de l'agence Frontex du 27 janvier, publié après une évaluation de la situation à la frontière gréco-turque. Ce dernier souligne qu'Athènes "néglige grossièrement ses obligations pour protéger les frontières extérieures de Schengen, mettant ainsi en péril l'existence de cet espace commun". La Commission européenne a approuvé mardi ce rapport, qui sera prochainement soumis à l'examen des représentants permanents de l'UE et du Conseil de l'Europe — en même temps que les recommandations pour la Grèce. Le Conseil devrait l'approuver au niveau ministériel dans les jours à venir, probablement pendant la réunion des ministres de l'Économie et des Finances du 12 février.

Athènes reçoit donc la possibilité de redresser la situation. En cas d'échec, la Grèce ne serait pas toutefois pas exclue de l'espace Schengen comme le suggéraient initialement certains pays. Le 13 septembre, plusieurs pays de l'espace Schengen — notamment l'Allemagne — ont utilisé pour la première fois le droit de rétablir le contrôle à leurs frontières. La durée de ces restrictions est limitée et ne peut excéder huit mois.

Ainsi, le travail des premiers postes de contrôle rétablis s'achèvera le 12 mai. En l'absence de résultat escompté dans trois mois, Bruxelles a l'intention d'engager une procédure prévue par l'article 26 du code de Schengen sur les frontières et préconiser le rétablissement du contrôle frontalier dans certaines zones de libre-circulation pour une durée de deux ans.

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crise migratoire, Espace Schengen, Commission européenne, Valdis Dombrovskis, Grèce
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