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    Recep Tayyip Erdogan

    La kurdophobie d'Erdogan: citations, chiffres et faits

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    Opération turque contre les Kurdes (67)
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    En 2015, la Turquie a violé le moratoire interdisant toute opération militaire contre les rebelles kurdes: depuis, beaucoup de sang a coulé et on a entendu un nombre de déclarations retentissantes.

    L'une des dernières en date fut celle du représentant du parti Union démocratique kurde Abd Salam Mohame Ali, qui a déclaré lors de sa visite à Moscou que le président turc Recep Tayyip Erdogan souffrait de "kurdophobie". Qu'en disent les faits et les statistiques?

    Erdogan a récemment déclaré qu'il combattait les Kurdes "depuis 35 ans", et que lui et ses alliés poursuivaient "patiemment cette lutte à ce jour".

    Le président turc a aussi promis d'"enterrer" les représentants de "l'organisation terroriste kurde" et ses partisans dans les "tranchées qu'ils creusent".

    "La Turquie n'a besoin de l'autorisation de personne. Nous ferons ce que nous jugeons nécessaire", a déclaré Erdogan en commentant les éventuelles actions de l'armée turque après la proclamation, par les Kurdes syriens, d'une autonomie dans la ville de Tell Abyad. Le président turc a également comparé le soutien apporté aux rebelles kurdes par l'Occident à une "complicité terroriste".

    "La Turquie poursuivra ses opérations militaires contre les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) jusqu'à ce qu'il ne reste pas un seul terroriste sur notre territoire."

    Le conflit armé entre les Turcs et les Kurdes a commencé en 1984 et a fait plus de 40 000 morts au total.

    En 2015, selon Erdogan, 3 100 combattants du PKK ont été tués en Turquie et à l'étranger. On ignore le nombre exact de militaires turcs morts.

    Le couvre-feu a été décrété 58 fois entre le 16 août 2015 et le 10 janvier 2016 dans 19 districts des provinces de Diyarbakır, Sirnak, Mardin et Hakkari où vivent 1,38 million de personnes. Selon le Fonds des droits de l'homme turc, 162 civils ont été tués pendant cette période.

    D'après l'état-major des forces armées turques, au 7 février 2016 733 membres du PKK avaient été éliminés dans le cadre d'opérations dans les quartiers de Cizre (province de Sirnak) et de Sur (province de Diyarbakır). Selon l'organisation Amnesty International, l'opération a également coûté la vie à au moins 150 civils et 200 risquent encore d'être tués.

    Le 8 février 2016, 60 combattants du PKK ont été éliminés dans une opération antiterroriste à Cizre.

    Le meurtre le plus scandaleux a eu lieu en novembre 2015: lors d'une conférence de presse se déroulant directement dans la rue a été tué l'avocat kurde Tahir Elçi, connu pour son attitude négative envers le président turc Erdogan.

    Les Kurdes ethniques représentent aujourd'hui 18% de la population en Turquie. En 1982, Ankara a reconnu l'existence de la communauté ethnique kurde dans le pays. Avant cela, le terme "kurde" était interdit en Turquie — ils étaient officiellement appelés "Turcs de montagne". En 1984, le PKK a annoncé le début d'un conflit armé pour la création d'un Kurdistan indépendant. En 1991, les Kurdes ont été autorisés à parler leur langue. En 2001 ils ont pu commencer à chanter des chansons kurdes. Une chaîne kurde a été lancé en 2004 puis un moratoire a été instauré en 2013 sur les opérations militaires de la Turquie contre des rebelles kurdes. En 2015, la Turquie a enfreint ce texte.

    Des centaines d'activistes kurdes sont détenus actuellement dans des prisons turques, dont le célèbre Abdullah Öcalan, fondateur et leader permanent du PKK, derrière les barreaux depuis 1999.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

    Dossier:
    Opération turque contre les Kurdes (67)

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    Tags:
    Kurdes, Abd Salam Mohame Ali, Abdullah Öcalan, Recep Tayyip Erdogan, Kurdistan, Turquie
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