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Des milliers de représentants d'entreprises et de syndicats européens se réuniront lundi à Bruxelles pour une grande manifestation.

Ils souhaitent empêcher l'octroi à la Chine du statut "d'économie marchande", alors que les importations de produits subventionnés chinois compliquent déjà la vie des producteurs européens.

Plus de 5 000 personnes pourraient manifester ce lundi 15 février dans les rues de Bruxelles à l'appel du groupe AEGIS Europe, qui réunit les représentants de 30 secteurs industriels européens — notamment les producteurs d'acier, d'aluminium, de céramique, de verre, de batteries solaires, de vélos, etc.

Plusieurs milliers de participants de 15 pays représenteront le secteur de l'acier, menés par la Fédération européenne de la sidérurgie (Eurofer).

L'industrie européenne n'est pas en forme. Le secteur de l'acier a connu depuis 2008 près de 85 000 suppressions d'emplois — soit plus de 20% des effectifs totaux. "L'acier bon marché de Chine, dont la quantité a doublé depuis 18 mois et qui inonde le marché européen, conduit à des fermetures d'usines irréversibles et à des pertes d'emplois dans le secteur de l'acier à travers toute l'Union européenne", déplore Axel Eggert, directeur général d'Eurofer.

L'UE étudie actuellement l'octroi à la Chine du statut d'économie marchande, ce qui entraînerait le renforcement de son influence sur le marché européen. Membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis 2001, la Chine n'a été reconnue comme économie marchande par aucun de ses principaux partenaires commerciaux (UE, USA ou autres). Le protocole d'adhésion de la Chine à l'OMC a autorisé ses membres à ne pas considérer ce pays comme économie marchande jusqu'au 11 décembre 2016.

Pékin a déjà prouvé qu'après cette date, ce statut devra lui être attribué automatiquement. Mais Bruxelles n'est pas de cet avis: en UE cinq critères techniques permettent d'attribuer le statut "d'économie marchande". Les deux premiers critères concernent l'ingérence de l'État, deux autres la base législative, et le cinquième le secteur financier. Or l'UE, premier partenaire commercial de la Chine, a adopté 69 directives anti-dumping dont 52 s'appliquaient à la Chine.

Une étude de l'Institut de la politique économique (Washington) menée à la demande d'AEGIS Europe prédit des conséquences catastrophiques pour l'UE en cas d'octroi à Pékin du statut d'économie marchande: cela provoquerait une réduction de la production de 114,1-228 milliards d'euros (1-2% du PIB de l'UE) et la perte de 1,7-3,5 millions d'emplois d'ici 3 à 5 ans, y compris une grande partie ou l'ensemble des emplois dans le secteur de l'acier (330 000). Les pays les plus touchés seraient l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, la France et la Pologne.

Toutefois, d'après la Commission européenne, tout n'est pas aussi tragique: Bruxelles a évalué les éventuelles pertes à 63 600-211 000 emplois. AEGIS Europe considère ces chiffres comme artificiellement minimisés.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
métaux, acier, métallurgie, AEGIS Europe, Fédération européenne de la sidérurgie (Eurofer), Commission européenne, Union européenne (UE), Axel Eggert, Europe, Chine
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