Ecoutez Radio Sputnik
    Rencontre des leaders du Groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie)

    Où va la crise migratoire?

    © REUTERS / David W Cerny
    Lu dans la presse
    URL courte
    Nezavissimaïa gazeta
    Crise migratoire (787)
    2152

    Les problèmes migratoires de l'Europe reviennent sur le devant de la scène.

    Ils étaient notamment à l'ordre du jour de la rencontre des leaders du Groupe de Visegrad lundi (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), qui s'opposent à la décision de l'UE de répartir les réfugiés dans les pays européens et d'introduire des quotas annuels de migrants. Ils se prononcent également pour la fermeture de la frontière entre la Grèce et la Macédoine, par laquelle passe "l'itinéraire balkanique" du flux migratoire.

    La volonté de la chancelière allemande Angela Merkel de composer avec la Turquie sur ce dossier suscite également beaucoup de questions. Dans Der Spiegel, Miroslav Lajčák, ministre slovaque des Affaires étrangères, affirme qu'il ne veut pas se quereller avec la chancelière, mais considère l'implication de la Turquie dans la résolution des problèmes européens comme "une initiative peu justifiée". Quant aux quotas de réfugiés, il y voit une fausse bonne idée: "Ils pourraient au contraire intensifier les flux migratoires". Pour le moment, les pays du Groupe de Visegrad estiment que la fermeture de la frontière gréco-macédonienne serait la mesure la plus efficace.

    Aucun analyste européen n'est aujourd'hui en mesure de prédire le développement de la crise migratoire. La situation évolue sans apporter aucun soulagement — cela concerne notamment l'axe Paris-Berlin qui joue traditionnellement un rôle important dans le règlement des crises. Pour le moment, l'Allemagne est sidérée par les propos du premier ministre français Manuel Valls qui a déclaré à Munich que la France accueillerait "30.000 réfugiés en une seule fois" et "pas plus". L'Autriche et la Suède remettent aussi en question le principe des frontières ouvertes et soutiennent la fermeture de la frontière avec la Macédoine, ce qui contredit la politique allemande.

    Qui plus est, la ligne d'Angela Merkel se heurte à des critiques à l'intérieur de son pays. Wolfgang Steiger, secrétaire général du conseil économique de la CDU, a tenu hier des propos très médiatisés concernant le futur sommet de l'UE: d'après lui, si les Européens n'arrivaient pas à s'entendre sur la question migratoire, il serait "nécessaire d'exclure la Grèce de l'espace Schengen".

    Ce sommet de l'UE sera donc une épreuve majeure pour Angela Merkel, qui a promis d'y dresser le bilan des efforts dans le règlement de la crise migratoire. Les sociaux-démocrates pourraient la soutenir. Hier, Sigmar Gabriel, vice-chancelier et président du Parti social-démocrate d'Allemagne, et Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères du pays, ont adressé une lettre aux chefs de gouvernement et ministres des Affaires étrangères sociaux-démocrates des pays de l'UE, ainsi qu'aux leaders des partis sociaux-démocrates européens, dans laquelle ils appellent à "agir en commun" et se montrent prêts à débattre de nouvelles mesures de sécurité sur les frontières européennes.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

    Dossier:
    Crise migratoire (787)

    Lire aussi:

    Medvedev: la politique migratoire européenne est "un échec complet"
    Il transforme son bus en cuisine mobile pour venir en aide aux réfugiés
    Pour l'Europe l'époque de la sérénité est révolue
    Une petite commune sicilienne accueille des réfugiés à bras ouverts
    Tags:
    Groupe de Visegrad, fermeture des frontières, crise migratoire, migrants, réfugiés, Miroslav Lajčák, Angela Merkel, Suède, Allemagne, Autriche, Europe, Macédoine du Nord, République tchèque, Prague, Grèce, Slovaquie, Hongrie, Pologne
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik