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Les méthodes de culture ont peu changé au fil des millénaires: malgré les avancées technologiques dans le domaine de l'irrigation, de la mécanisation des processus et de la modification génétique, la plupart des fermiers continuent de semer et de récolter par des moyens traditionnels, constate le portail IQ de la société informatique Intel.

Certaines exploitations ont quand même fait des choix très originaux…

PASONA O2
© Flickr / Yamashita Yohei
Ferme de la société Pasona O2 à Tokyo

Exemple: la ferme de la société Pasona O2 à Tokyo s'étend sur deux étages d'un immeuble de bureaux en plein centre-ville. Dans le vestibule se situe une plantation de riz et un champ pour cultiver des brocolis, des haricots poussent sous des bancs de bois et, au-dessus des tables de négociations, pendent des branches de tomates. La température est maintenue grâce à des lampes à LED et le cycle de production se termine à la cafétéria de la société.

Aux USA, la compagnie Green Sense Farms se positionne comme "la plus grande ferme verticale en intérieur du pays". Près de Chicago, dans un entrepôt de 2 787 m², elle est organisée en rangées de 9 mètres où l'on cultive de la salade, de la verdure, des côtes de bettes, du chou et d'autres légumes en utilisant très peu de terre, d'eau et d'engrais par rapport aux fermes traditionnelles.

Toujours aussi original: dans l'est de Londres s'est installée une ferme verticale aquaponique nommée Unit 84. Le personnel de GrowUp Urban Farms — société à laquelle appartient la plantation — explique que "l'aquaponie" réunit l'aquaculture (élevage de poisson) et l'hydroponie (culture de plantes dans l'eau avec des matières nutritives au lieu de la terre) dans un système en cycle fermé: l'eau de l'aquarium contenant le poisson arrive aux plantes, puis retourne dans l'aquarium. Les plantes absorbent ainsi les matières nutritives des déchets dans l'eau et la nettoient pour le poisson.

Le Nemo’s Garden
© Photo. Capture d'écran: Le Nemo’s Garden
Le Nemo’s Garden

Les fermes verticales situées dans des bâtiments sont un moyen efficace d'obtenir des récoltes stables toute l'année en pleine ville. La société japonaise Spread espère perfectionner cette idée: elle conçoit actuellement un bâtiment-ferme pour faire cultiver de la salade par des robots. Les ordinateurs géreront la production, ce qui réduira considérablement les dépenses en main-d'œuvre.

Autre alternative à l'agriculture traditionnelle: les fermes installées sur le toit de différents bâtiments.

Aux États-Unis, la société Gotham Greens a ainsi construit des serres sur près de 7 000 m² sur le toit d'une entreprise industrielle de Chicago. Les propriétaires affirment qu'il s'agit de la plus grande ferme sur un toit, qui apportera chaque année "près de 10 millions de tonnes de verdure de qualité et d'herbes sans pesticide".

Autre solution: les fermes flottantes comme la serre de Science Barge à New York. Sur une barge (bateau à fond plat) accostée sur le fleuve Hudson et alimentée par des sources d'énergies renouvelables on cultive par exemple des tomates, des melons, des poivrons et de la laitue.

La compagnie Ocean Reef Group a trouvé un moyen encore plus inédit de cultiver le basilic, sous l'eau, dans des biosphères remplies d'air et faisant penser à des méduses. L'idée n'est pas si folle: les serres sous-marines sont des systèmes autosuffisants avec une température permanente et un niveau élevé de CO2 nécessaire pour une croissance rapide des plantes.

Fermes en immeuble, fermes verticales, fermes sur les toits, fermes flottantes et même sous l'eau: tel est le futur de l'agriculture. Les plantations plus près des villes permettront de réduire les dépenses de transport et augmenteront les revenus des différents acteurs. Surtout que les bons fruits et légumes seront toujours demandés et que la population de la planète ne cesse d'augmenter.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
ferme, agriculteur, agriculture, Chicago, États-Unis, Tokyo, Japon
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