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    Ellen Johnson-Sirleaf

    Le Liberia sauvé par sa présidente

    © AFP 2019 TONY KARUMBA
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    Depuis qu'elle a accédé en 2006 à la tête de ce pays africain ruiné, Ellen Johnson Sirleaf se bat pour le remettre sur pieds.

    Le Liberia a été fondé par les esclaves libérés arrivés d'Amérique, qui se sont installés sur ce territoire en 1822 et l'ont dirigé en soumettant le peuple autochtone. En 1980, un coup d'État militaire organisé par le sergent Samuel Doe a entraîné l'assassinat du président William Tolbert et de 13 membres du gouvernement. A cette époque, Ellen Johnson Sirleaf était ministre des Finances: elle fait partie des quatre survivants du gouvernement. Lors de cette nuit fatidique, elle était "dans une maison avec un ami", "craignait pour sa vie" mais a été prévenue par Doe et a finalement pu bénéficier d'une protection. Sous le nouveau gouvernement, Ellen Johnson Sirleaf a pris la direction de la Banque libérienne de développement et d'investissement avant de fuir le pays.

    Jusqu'au début des années 2000, le Liberia a été secoué par des guerres civiles sanguinaires. Et Ellen Johnson Sirleaf, malgré la distance, n'a jamais abandonné ses ambitions politiques: fin 2005 elle a finalement été élue présidente face au joueur de football George Weah, lors d'une élection surveillée par les casques bleus américains.

    Diplômée de Harvard, ancienne collaboratrice de l'Onu, elle est perçue à l'étranger comme un thaumaturge qui a réussi à établir la stabilité dans son pays pauvre et pillé par les guerres civiles. Avant la réapparition du virus Ebola en 2014, le PIB libérien affichait une croissance moyenne de 8% par an. Ellen Johnson Sirleaf a reçu le prix Nobel de la paix en 2011.

    Après sa victoire à la présidentielle de 2005, elle a pris la tête d'un pays où il n'y avait pratiquement pas de routes ni d'électricité, et où de nombreux jeunes devaient faire face au chômage. "Nous avons activement œuvré pour rétablir la fourniture des principaux services", dit-elle. Elle s'est aussi arrangée pour annuler une grande partie de la dette publique et attirer des investissements. Le pays a repris la voie du développement.

    Néanmoins, Ellen Johnson Sirleaf n'est pas satisfaite: "Nous n'avons pas changé le mode de pensée ni l'attitude envers l'honnêteté, les principes moraux et le travail difficile. Notre système d'éducation nous a probablement fait défaut". Cela pourrait également s'expliquer par l'histoire du pays, dont l'économie a toujours presque entièrement dépendu des caprices de la météo et des prix des matières premières, souligne Ellen Johnson Sirleaf.

    Les Casques bleus de l'Onu en Haïti
    © Photo. UN Photo/Marco Dormino
    "De l'aide financière également", reconnaît-elle. Et d'ajouter: "Le pays exporte du caoutchouc depuis des décennies, mais n'a jamais produit le moindre pneu".

    Ces derniers temps le Liberia est confronté à la chute des prix du caoutchouc et des minerais ferreux, ainsi qu'au virus Ebola qui a emporté presque 5 000 vies dans le pays. Le Liberia est également touché par la corruption — Ellen Johnson Sirleaf affirme que le gouvernement la combat.

    La prochaine élection présidentielle libérienne se tiendra en 2017 et la Constitution interdit à la présidente sortante de se représenter pour un nouveau mandat. "Je pense que nous sommes prêts pour une transition du pouvoir. Mais nous devons essayer de la mettre en œuvre correctement", affirme Ellen Johnson Sirleaf.

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    Tags:
    casques bleus, présidente, Ebola, Ellen Johnson Sirleaf, Afrique, Liberia
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