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Le président chinois est désormais le commandant en chef d'un centre interarmées.

Certains observateurs s'inquiètent du fait que le contrôle des forces militaires se retrouve entre les mains d'une seule personne; d'autres y voient simplement une centralisation du commandement des forces armées.

"La situation actuelle exige que le commandement des opérations soit stratégique, concerté, opportun, professionnel et précis. Il faut tout mettre en œuvre pour améliorer les capacités du commandement de combat, nous préparer à combattre et à gagner des guerres", affirme ainsi le président chinois Xi Jinping.

Cette réforme implique également une modernisation des forces aériennes, de la marine et des forces nucléaires au détriment de l'armée de terre, qui pâtira le plus de la réduction d'effectifs prévue par les autorités (de 300 000 hommes). Le gouvernement prévoit également de réduire — de sept à quatre — le nombre de grands districts militaires.

Selon le Wall Street Journal, cette réforme a des motifs bien différents en réalité. Par le passé, l'armée chinoise a suivi l'exemple des forces soviétiques quand son objectif principal était de défendre la Chine contre une agression extérieure. Aujourd'hui, Pékin veut transformer son armée en machine de guerre moderne, capable de projeter sa force loin des frontières chinoises — y compris au Moyen-Orient ou en Afrique. Cela signerait la fin d'une ère d'isolationnisme qui avait commencé avec la dynastie Ming au XVe siècle.

Ces changements pourraient s'avérer très risqués pour le leader du pays mais, selon les experts américains, "Pékin a compris la nécessité de réformes dès la guerre du Golfe en 1991" — quand la concertation des actions des forces américaines avait permis à l'époque d'écraser l'armée de Saddam Hussein.

Ce succès américain résultait de la loi, adoptée en 1986 sous l'administration de Ronald Reagan, mettant fin aux rivalités entre les armées. Elle avait notamment réduit les effectifs et limité les pouvoirs des commandants de l'armée de terre, des forces aériennes, de la flotte et de l'infanterie de marine pour se focaliser sur les "opérations conjointes". Cette stratégie permet au commandement, aujourd'hui encore, d'utiliser si nécessaire toute unité armée — de terre, de l'air ou de marine — au moment opportun. Les Chinois ont analysé cette expérience américaine avant de lancer la réforme de leur armée selon le même principe.

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Tags:
réformes, armée, Chine, États-Unis
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