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    Crise de la Deutsche Bank: bientôt toutes les banques européennes?

    © REUTERS/ Kai Pfaffenbach
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    Les prix des actions de la Deutsche Bank ont atteint leur minimum depuis 34 ans le 29 septembre.

    Le ministère américain de Justice avait exigé à la mi-septembre 14 milliards de dollars en tant qu'indemnisation dans le cadre de ses réclamations contre la Deutsche Bank. Selon les autorités américaines, la banque avait sciemment diminué les risques des titres hypothécaires avant la crise financière de 2007-2008.

    Le 5 octobre, les actions de la Deutsche Bank ont gagné 20% par rapport à ce niveau critique mais malgré ce fait, que de nombreux analystes considèrent comme une simple correction, les titres de l'actif principal de la banque d'Allemagne ont perdu plus de la moitié de leur valeur depuis le début de l'année.

    Comme les réserves de capitaux de la Deutsche Bank sont inférieures à celles d'autres organisations financières européennes, elle va probablement solliciter des fonds des investisseurs. La banque nie pourtant vouloir recourir à un tel scénario et dit envisager de vendre des actifs et de lancer sa restructuration, longtemps reportée.

    D'autres banques ont subi les mêmes accusations de manipulation de titres hypothécaires du ministère américain de la Justice: Barclays, le Crédit Suisse, HSBC, Royal Bank of Scotland et UBS.

    En matière de rentabilité, la Deutsche Bank n'est pas une exception: la plupart des banques de la zone euro, grandes ou petites, se trouvent dans la même situation à cause d'une croissance lente de l'économie de l'union monétaire et de taux d'intérêt très bas résultant des tentatives de la Banque centrale européenne (BCE) de stimuler l'inflation.

    Les fonctionnaires de la BCE affirment que leur politique aide les banques car la hausse des prix des obligations et l'amélioration de la qualité de crédits ont prévenu une chute de marge, alors que l'agent bon marché encourage les crédits. Mais les banquiers ne sont pas du même avis.

    Le besoin de capitaux supplémentaires est un autre problème commun: tout le monde s'accorde à dire que les banques avaient trop peu de capitaux avant la crise.

    Qui plus est, les établissements bancaires réalisent toujours des versements trop importants: selon les experts de la Bank for International Settlements, de 2007 à 2015 90 banques de la zone euro ont payé 223 milliards d'euros de dividendes alors que leur bénéfice s'élevait à 348 milliards d'euros.

    Si elles avaient gardé tous ces fonds, leurs réserves de capitaux auraient pu grimper de 64% et, comme les banques plus solides ont tendance à octroyer plus de crédits, leurs recettes et leurs capitaux auraient été beaucoup plus importants. Aujourd'hui, la situation des banques européennes est sans doute difficile mais beaucoup d'entre elles pourraient améliorer elles-mêmes leur situation. 

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    crise, banques, Deutsche Bank, Union européenne (UE), Allemagne
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