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Crash d'un Airbus A321 en Egypte (2015) (67)
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Le vol 9268 qui devait relier Charm al-Cheikh en Égypte à Saint-Pétersbourg en Russie s'est écrasé il y a un an dans le Sinaï. Cette catastrophe, la plus importante de l'histoire de l'aviation soviétique et russe, a emporté 224 vies.

La plupart des passagers résidaient à Saint-Pétersbourg ou dans sa région. Un an après la tragédie, toutes les familles des victimes n'ont pas encore pu enterrer leurs proches. Les Pétersbourgeois attendent encore les résultats officiels et définitifs de l'enquête sur la catastrophe du côté égyptien. Et ils apprennent à revivre.

Le 31 octobre 2015 à 3h50 du matin heure locale, le vol 7K-9268 décollait de Charm el-Cheikh pour emprunter le couloir aérien longeant le golfe d'Aqaba. Mais le vol attendu à Saint-Pétersbourg n'est jamais arrivé à destination.

Quelques jours après le crash en Égypte, Flightradar rendait publiques les informations sur le dernier vol de l'A321 dans le Sinaï: on apprenait qu'entre 207 et 224 personnes se trouvaient à bord. Certains communiqués indiquaient que l'avion avait disparu près de Larnaka à Chypre.

Puis des médias arabes ont annoncé que l'avion russe était tombé dans la région centrale du Sinaï mais les renseignements restaient minces et sans confirmation officielle. L'espoir n'était pas encore perdu.

Pour sa part, l'agence fédérale russe de transport aérien Rossaviatsia tentait de joindre l'avion disparu des radars mais vers midi déjà, la plupart des médias annonçaient le crash de l'appareil dans le Sinaï en se basant sur des sources chez Rossaviatsia. Le ministère russe des Situations d'urgence a alors préparé deux avions pour les envoyer en Égypte, avant de décider d'en faire décoller cinq.

Les unités de recherche ont découvert le lieu de la catastrophe dans les montagnes du Sinaï, où les débris de l'appareil s'étendaient sur 13 km.

L'opération de recherche s'est déroulée dans des conditions difficiles car le nord du Sinaï est une zone fermée où, depuis un an, l'armée égyptienne mène une vaste opération contre les extrémistes affiliés à Daech (organisation terroriste interdite en Russie). Ce sont les militaires égyptiens patrouillant dans la zone qui ont été les premiers à découvrir les débris de l'avion. Selon les informations précisées et confirmées, 224 personnes se trouvaient à bord, dont 7 membres d'équipage. Selon Rossaviatsia, il y avait 192 adultes et 25 enfants parmi les passagers. Aucun d'eux n'a survécu.Un fonds caritatif « Vol 9268 » a vu le jour grâce aux efforts des habitants de Saint-Pétersbourg, qui apporte aujourd'hui un soutien à ceux qui ont perdu des proches dans la catastrophe du Sinaï.

La page de ce fonds sur les réseaux sociaux permet de lire les dernières informations sur le déroulement de l'enquête, de revoir les photos de ceux qui ne rentreront jamais chez eux, ainsi que d'apporter une aide aux parents et aux proches.

Il ne s'agit pas seulement d'argent: tout soutien est important car même un an après, la pratique montre que le temps ne guérit pas les blessures, que la longue enquête et les procédures bureaucratiques difficiles relatives aux indemnisations ne font qu'exacerber la douleur.

Un an après le crash, tous les parents des victimes n'ont pas encore pu enterrer leurs proches: six défunts dans le Sinaï n'ont toujours pas été identifiés. Selon Irina Zakharova, présidente du conseil du fonds caritatif Vol 9268, les ossements qui sont conservés actuellement dans un crématorium ne peuvent pas être expertisés. Cependant, les familles espèrent encore obtenir les fragments de corps de leurs proches défunts: de nouveaux restes ont été découverts en Égypte à l'issue de la principale étape de l'enquête, qui sont actuellement en cours d'examen.Le rapport de la commission internationale enquêtant sur le crash de l'A321 dans le Sinaï n'a toujours pas été rendu public: les spécialistes annonceront les résultats préliminaires de leur travail « d'ici 60 jours » selon une source du ministère égyptien de l'Aviation civile.

Jour de deuil national en Russie
© Sputnik . Konstantin Chalabov
Des représentants de six pays (Égypte, Russie, France, Allemagne, Irlande et États-Unis) participent à l'enquête sur les causes de la catastrophe, dont le déroulement est supervisé par les autorités de l'aviation égyptienne conformément aux règles de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

Pendant une réunion le 16 novembre 2015 au Kremlin, le directeur du FSB Alexandre Bortnikov a déclaré pour la première fois officiellement que le crash de l'avion avait été provoqué par un attentat. Il a expliqué que ces conclusions avaient été tirées par les spécialistes après un examen scrupuleux des affaires personnelles, des bagages et des débris de l'avion.

On supposait d'abord que l'engin explosif avait été placé sous le siège passager 30A ou 31A mais les données rendues publiques par la commission en septembre 2016 ont indiqué que l'explosion s'était produite plus à l'arrière, dans le compartiment des bagages encombrants. La bombe, avec une minuterie, était dissimulée entre des poussettes pour enfant. L'explosion a arraché la queue de l'appareil, qui a perdu le contrôle pour entrer en piqué.

L'enquête sur la tragédie avance très lentement et toutes les circonstances n'en ont pas encore été élucidées. L'attentat contre l'appareil russe a presque immédiatement été revendiqué par la cellule égyptienne de l'organisation terroriste État islamique. L'engin explosif a pu être installé à bord par le personnel de l'aéroport: de nombreuses indications sur le faible niveau de sécurité ont rapidement inondé internet après la catastrophe, où de nombreux touristes racontaient que moyennant une certaine somme d'argent ils faisaient tranquillement passer à bord des sacs avec leurs affaires à travers tous les cordons de sécurité sans aucune vérification.

Mais l'Égypte a longtemps défendu la version d'une défaillance technique, refusant de reconnaître la possibilité d'un attentat. En décembre 2015, le comité pour l'enquête technique a publié une déclaration annonçant que Le Caire n'avait pas trouvé d'indices d'implication de terroristes dans le crash de l'Airbus 321. C'est seulement en février 2016 que le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi a reconnu pour la première fois que le crash de l'avion avait été victime d'un attentat.

La liaison aérienne avec l'Égypte, immédiatement interrompue après le crash de l'A321, n'a toujours pas été rétablie. Le ministère russe des Transports a informé officiellement que la situation ne changerait pas tant que toutes les remarques concernant la sécurité aérienne ne seraient pas prises en compte.

Lundi 31 octobre, la Cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg organise une messe en mémoire des victimes du crash dans le Sinaï. En l'honneur de ceux qui ne rentrerons jamais chez eux, le glas sonnera 224 fois.

Dossier:
Crash d'un Airbus A321 en Egypte (2015) (67)

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catastrophe, crash d'avion, Charm el-Cheikh, Saint-Pétersbourg, Egypte, Sinaï, Russie
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