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Les liens entre la science fiction et la science sont parfois ténus, à tel point que certains appareils et autres programmes novateurs imaginés par les écrivains et les réalisateurs des années 1970 sont devenus réalité. Tour d'horizon de ces technologies modernes suggérées aux inventeurs par les auteurs de science-fiction.

Le téléphone portable (Star Trek)

Souvenez-vous des images de Star Trek où le capitaine Kirk utilisait un communicateur repliable doré pour communiquer avec les hommes, les équipages de vaisseaux et pour envoyer un signal de détresse. Ce communicateur est apparu sur les écrans pour la première fois en 1964 dans le tout premier épisode de Star Trek: The Cage.

D'ailleurs, toute une liste de technologies modernes ont été inspirées aux chercheurs et aux inventeurs par Star Trek. Nous n'avons pas encore appris à téléporter l'homme, mais toute l'histoire de la conception du téléphone portable est liée à ce communicateur.

Terminator
© Photo. Sony Pictures Releasing CIS
Le développeur du premier téléphone portable, Martin Cooper, travaillait chez Motorola depuis 1954. Après s'être chargé de la modernisation des pagers (radiomessagerie) puis de la création de téléphones pour voiture — les deux inventions fonctionnaient déjà sur la technologie de réseau cellulaire — au début des années 1970, Cooper s'inquiétait que le principal concurrent de Motorola, le géant technologique AT&T, puisse s'emparer du leadership dans la niche des téléphones pour voiture: à l'époque la compagnie cherchait à faire passer un projet de loi sur l'installation obligatoire de téléphones dans les voitures. Et ses craintes étaient fondées — AT&T avait bien plus de projets de recherche et de capacités financières que Motorola. Néanmoins, Cooper voulait dépasser le géant dans la course technologique et en arrivant au travail un jour, il a déclaré qu'il avait décidé de travailler sur le premier téléphone sans fil dont l'idée venait de Star Trek. 90 jours plus tard, en 1973, son équipe a présenté le premier prototype fonctionnel de téléphone portable avec une fréquence de 800 MHz, pesant 1 kg et avec une batterie qui pouvait fonctionner seulement 20 minutes.

Cependant, le premier téléphone portable n'a été commercialisé que 10 ans plus tard quand a été installée l'infrastructure nécessaire pour ces appareils mobiles. A l'époque, un exemplaire valait 3 995 dollars, ce qui équivaut à près de 9 500 dollars actuels. Aujourd'hui un téléphone portable ne surprend plus personne et les technologies sont même allées bien plus loin que ne l'avait prédit Star Trek. Cependant, si les scénaristes de la série n'avaient pas imaginé ce communicateur, de nombreuses technologies auraient pu ne jamais voir le jour.

Les caméras de surveillance (1984)

Les caméras de surveillance
© Flickr / Jonathan McIntosh

L'auteur de l'une des plus célèbres dystopies, George Orwell, a publié son roman en 1949 mais a réussi à prédire avec une précision étonnante de nombreuses technologies qui paraissaient fantastiques à l'époque.

Cependant, le fait que le roman 1984 a prédit l'apparition de caméras de surveillance est contestable au moins parce que dans le roman l'écran" était une technologie plus avancée que les caméras de surveillances modernes. Le dispositif décrit dans le roman combinait une télévision réglée sur une seule chaîne et une caméra impossible à éteindre. Dans chaque local où se trouvaient les membres du Parti se trouvait un écran à part qui transmettait 24h/24 des émissions et surveillait les gens. La principale différence entre les caméras de surveillance modernes et la technologie d'Orwell est le fait que l'écran de télévision était une caméra. Certes, nous avons appris aujourd'hui à installer dans les appareils des caméras de la taille d'une tête d'épingle, mais pas encore à élaborer une technologie où l'écran en soi serait un dispositif de surveillance.

Skype (Metropolis)

Le vidéophone dans Metropolis, 1927
Le "vidéophone" dans Metropolis, 1927

La possibilité de communiquer par vidéo avec une autre personne est probablement la technologie la plus populaire dans les œuvres de science-fiction. Le "vidéophone" a fait son apparition dans Star Trek, Blade Runner, 2001, l'Odyssée de l'espace et même dans Les Aventures d'Alice de Kir Boulytchev. Mais la première mention du vidéophone dans la science-fiction date de 1927 quand est paru le drame dystopique Metropolis, une adaptation du roman éponyme de Thea von Harbou.

L'action de Metropolis se déroule dans un avenir lointain, dans l'immense ville futuriste de Metropolis. L'un des héros, le contremaître Grot, utilise un vidéophone pour rapporter aux autorités le début d'une révolte dans le ghetto d'ouvriers. Le film a devancé son époque non seulement sur le plan technologique, mais également social — de nombreux chercheurs retrouvent encore dans le film des prédictions des événements de l'histoire contemporaine. Aujourd'hui, nous sommes tellement habitués à Skype qu'il est difficile d'imaginer à quel point cette technologie semblait fantastique à l'époque.

La perfection génétique de l'humanité (Bienvenue à Gattaca)

Le film du réalisateur et scénariste néo-zélandais Andrew Niccol, tourné dans le genre dystopique, est sorti sur les écrans en 1997 — il y a presque 20 ans. Il était pratiquement prophétique du point de vue de l'évolution de la génétique et de son usage en pratique.

Bienvenue à Gattaca décrit un monde presque parfait où chaque individu découle de la sélection des meilleurs gènes de ses parents. Dans ce monde parfait, seuls les fous comptent sur la volonté du destin et font des enfants de manière naturelle, alors que les autres programment les gènes du futur enfant dans un laboratoire spécial. La sélection génétique de l'homme détermine également sa place dans la société, c'est pourquoi le héros principal Vincent, talentueux mais conçu naturellement, doit exercer un travail peu qualifié à cause de sa myopie et d'une déficience cardiaque alors qu'il rêve de devenir cosmonaute.

En réalité, nous sommes encore loin de l'application de l'eugénisme, Bienvenue à Gattaca a été pratiquement l'un des premiers à présenter la technologie de sélection génétique. Aujourd'hui, dans le cadre d'une insémination extracorporelle, il est possible d'effectuer un diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) des embryons pour implanter dans l'utérus uniquement ceux où aucune anomalie génétique n'a été découverte. C'est notamment important quand les parents ont un historique de maladies génétiques dans la famille ou quand une femme tente de tomber enceinte après 40 ans, quand le risque d'anomalie est décuplé. Certes, la DPI permet seulement de savoir s'il existe des mutations génétiques mais par exemple, les médecins connaissent déjà le sexe de l'enfant — sans pouvoir l'annoncer aux parents car c'est interdit par la loi dans les pays développés.

La voiture autonome (L'Ignorant dans la Cité du Soleil)

voiture autonome
© Flickr / smoothgroover22

La voiture autonome est un autre motif populaire de la littérature et du cinéma de science-fiction, qui apparaît des dizaines de fois dans différentes versions.

La science-fiction a même prédit l'apparition d'Uber sous la plume de Nikolaï Nossov. Dans son livre L'Ignorant dans la cité du Soleil, il décrit des poteaux spéciaux équipés de boutons pour appeler une voiture dans toute la ville. La technologie réelle est allée bien plus loin en proposant d'appeler une voiture avec un téléphone portable.

Il n'y avait pas de chauffeurs dans la cité du Soleil: il fallait appuyer sur un bouton sur le tableau de bord de la voiture autonome. Ce thème a été traité par les réalisateurs des films Total Recall, Cinquième élément ou encore Transformers. Des voitures autonomes apparaissent dans la série K 2000 et dans le livre d'Isaac Asimov Sally.

Les nouvelles et les rumeurs qui parviennent des profondeurs des compagnies technologiques confirment de plus en plus que nous entrons dans une ère des transports autonomes. En septembre 2016, Uber a annoncé avoir lancé dans les rues de Pittsburg, aux USA, les premières voitures autonomes pour se déplacer dans la ville qu'il est possible d'appeler en appuyant sur un bouton sur son smartphone. Tous les constructeurs automobiles mondiaux planchent sur de tels projets et les ingénieurs s'accordent à dire que les voitures autonomes apparaîtront dans nos rues d'ici 2018-2022.

La commande vocale (2001, l'Odyssée de l'espace)

2001, l'Odyssée de l'espace sorti en 1968
2001, l'Odyssée de l'espace sorti en 1968

La commande vocale des appareils et la conception d'ordinateurs capables d'apprendre ont été prédites par de nombreux auteurs de science-fiction, dont l'un des premiers fut le réalisateur Stanley Kubrick qui a tourné le film 2001, l'Odyssée de l'espace sorti en 1968.

Le système informatique HAL 9000 est un exemple classique d'ordinateur qui est capable de reconnaître la voix, les images, de communiquer avec l'homme dans sa langue, de remplir des tâches, de créer des œuvres d'art et même d'exprimer des émotions.

Toutefois le rôle de HAL 9000 dans le film était plutôt macabre: l'ordinateur a commis une erreur dans les calculs et quand l'équipage a voulu le débrancher il a tué pratiquement tous ses membres — l'un dans l'espace et les autres en déconnectant les systèmes de survie. Plus tard, le capitaine du vaisseau a débranché tous les modules du système et dans la première partie de l'Odyssée la machine de l'enfer ne donnait plus signe de vie.

Le système de reconnaissance vocale Siri ne dispose pas encore des fonctionnalités suffisantes pour nous priver de systèmes vitaux, mais il peut parfaitement dire l'adresse de la pizzeria la plus proche, allumer la musique ou rechercher quelque chose sur internet grâce à une requête vocale.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
vaisseau spatial, invention, science, cinéma
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