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    Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer

    Donald Trump en guerre contre les médias américains libéraux

    © REUTERS / Carlos Barria
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    Rossiïskaïa gazeta
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    La lutte entre la Maison blanche et la presse américaine - surtout libérale - ne cesse de s'aggraver: ces dernières semaines, le président américain Donald Trump a notamment qualifié les médias nationaux de "menteurs" et d'"ennemis du peuple américain".

    Les journalistes libéraux sont unanimes dans leur réaction: les propos de Trump sont sans précédent et ces attaques représentent une menace contre la liberté d'expression, voire la démocratie américaine. La presse américaine oublie visiblement ses propres estimations assez peu flatteuses du nouveau président, aussi bien aujourd'hui que lors de la campagne présidentielle. Les médias ont notamment qualifié Trump de "menace contre la sécurité nationale", sans parler de leurs tentatives de délégitimer le président, élu de manière parfaitement légale.

    Cette volonté de transformer toute initiative du nouveau président en scandale s'est fait sentir encore récemment, quand les médias américains ont lancé une nouvelle attaque après que Sean Spicer, porte-parole de la Maison blanche, a annulé sa conférence de presse quotidienne pour s'entretenir à un groupe de journalistes sélectionnés à huis clos. Les reporters des médias rejetés ont accusé Spicer de fuir les questions dérangeantes.

    Cette réaction constitue en réalité un bon exemple d'interprétation partisane des actions de la Maison blanche. On se rappelle notamment que le New York Times expliquait en détail, dans un article du 3 janvier 2016, que le président Barack Obama invitait lui aussi des journalistes choisis à des rencontres secrètes loin des caméras. Cet accès exclusif offert à la presse loyale n'a donc pas été inventé par Donald Trump, mais est une méthode utilisée par tous ses prédécesseurs.

    Donald Trump n'est pas en guerre que contre la presse libérale: ses adversaires à Washington se retrouvent également parmi les démocrates au Congrès, certains fonctionnaires de niveau moyen — probablement des deux partis — et surtout les partisans de l'ancien président Barack Obama.

    Les résultats de la présidentielle ont effectivement été un camouflet retentissant pour la plupart des médias qui avaient officiellement soutenu Hillary Clinton lors de la campagne. Même si le mandat de Donald Trump ne prévoit pas une destruction totale du système existant, il envisage tout de même de le remodeler en profondeur. Le système, lui, est visiblement contre ce projet, y résiste activement et tente de discréditer et de rejeter le nouveau président, notamment à l'aide de la presse.

    De nombreux observateurs font remarquer que les propos de Trump n'ont pas changé depuis sa campagne électorale. Ainsi, il a récemment organisé en Floride un discours devant ses partisans qui n'était pas sans rappeler ses grands rassemblements électoraux. De tels discours sont devenus son moyen de communication directe avec l'audience, sans l'intermédiaire des médias. Et le président ne veut visiblement pas renoncer à un tel contact avec les Américains.

    Sera-t-il en mesure de vaincre ses adversaires contre toute attente? La question reste pour le moment ouverte. Comme nous l'a montré son premier mois de présidence, une guerre plein format contre la presse n'est pas exempte de dangers.

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    Tags:
    médias, journalisme, présidence américaine, Barack Obama, Donald Trump, États-Unis
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