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    Pour Vienne, la campagne turque ne doit pas s'étendre en Autriche

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    Izvestia
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    L'Autriche veut interdire sur son territoire les discours de hauts représentants turcs prônant l'adoption d'amendements constitutionnels en Turquie - qui feront l'objet d'un référendum le 16 avril.

    Le chancelier autrichien Christian Kern promeut par ailleurs au niveau de l'UE l'idée d'interdire les rassemblements avec la participation d'hommes politiques turcs. Les tentatives de la Turquie de s'assurer le soutien des diasporas turques en Europe pour transformer le pays en république présidentielle, ainsi que les refus de certains pays de l'UE d'accueillir de telles campagnes sur leur territoire, ont déjà entraîné un refroidissement notable dans les relations entre Ankara et Bruxelles.

    L'amendement proposé par le responsable autrichien modifiera la loi sur les réunions.

    Le ministère autrichien de l'Intérieur ne cache pas que l'interdiction des discours de politiciens étrangers est motivée par la campagne active menée par les représentants politiques turcs au sein des diasporas de différents pays européens à l'approche du référendum du 16 avril sur le changement de la Constitution turque. Il sera possible d'interdire légalement de tels rassemblements sur le territoire autrichien pour non-respect des normes européennes en matière des droits de l'homme ou si de telles interventions risquaient de provoquer des sursauts de violence.

    Les amendements proposés par le président turc Recep Tayyip Erdogan sont destinés à transformer ce pays en république présidentielle, où le chef de l'État concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Les sondages indiquent que le nombre d'opposants et de partisans est approximativement égal, ce qui a manifestement poussé Ankara à chercher un soutien du côté des diasporas étrangères.

    Le premier choix est tombé sur l'Allemagne où vivent près de 3 millions de ressortissants turcs, dont 1,4 million de Turcs ayant le droit de vote dans leur pays d'origine. Cependant, quatre villes allemandes où le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu s'apprêtait à tenir un discours ont refusé d'accueillir de tels rassemblements de campagne, ne voulant pas transformer l'Allemagne en arène pour une campagne turque de politique intérieure.

    Formellement, le refus était motivé par des raisons de sécurité et la capacité d'accueil insuffisante des salles où les discours étaient prévus. Mais Ankara a considéré le refus de recevoir le ministre comme un désaccord mal dissimulé des politiciens européens avec le changement d'ordre constitutionnel prévu par le président Erdogan. Bruxelles a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations à ce sujet.

    Après l'Allemagne, le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas Bert Kunders a tenté de dissuader son homologue turc de venir à Rotterdam le 11 mars. Par téléphone le 9 mars, il lui a fait comprendre que sa visite était extrêmement malvenue. Le jour même, le ministre turc a été contacté pour la même raison par le premier ministre néerlandais Mark Rutte: selon lui, Mevlüt Cavusoglu pouvait venir aux Pays-Bas "visiter le musée Mauritshuis ou regarder les tulipes fleurir", mais "pas pour organiser des rassemblements".

    Pour l'instant, le seul pays européen à avoir donné son feu vert à la rencontre du ministre Cavusoglu avec la diaspora a été la Suisse, qui ne fait pas partie de l'UE.

    Un nouveau cycle de crise dans les relations entre la Turquie et l'UE pourrait conduire à une plus grande intensification des contacts entre Moscou et Ankara. Le 10 mars, le président russe Vladimir Poutine a reçu au Kremlin son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. L'agenda national turc ne se reflète pas du tout sur les relations bilatérales car la position de Moscou ne change pas en la matière: la Russie ne s'ingère pas dans les affaires intérieures des autres pays.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    politique, Ankara, Istanbul, Vienne, Autriche
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