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Au championnat du monde de mémoire, organisé tous les ans, les participants font preuve de capacités surprenantes en mémorisant des centaines de mots, de chiffres et d'autres informations.

Ainsi, une épreuve populaire consiste à se rappeler le nombre π: les meilleurs se souviennent de plusieurs milliers de chiffres après la virgule, comme le Japonais Hideaki Tomoyori qui arrive jusqu'à 40 000 caractères. Le secret? Un entraînement de plusieurs années. Le champion en titre de la mémoire est Alex Mullen, qui a réussi à se rappeler en cinq minutes la succession de plus de 550 caractères.

Des chercheurs de l'université de Nijmegen (Pays-Bas) sous la direction de Martin Dresler ont tenté de découvrir si le cerveau de ces champions était singulier ou si tout le monde était capable d'apprendre à mémoriser. Les études ont révélé qu'un entraînement mnémonique intensif de six semaines permettait d'améliorer considérable sa mémoire et d'obtenir d'excellents résultats. De tels exercices provoquent des changements de fonctionnement du cerveau qui perdurent pendant une longue période.

Dans le cadre de leur expérience, les chercheurs ont invité 23 individus ayant une mémoire exceptionnelle faisant partie du top-50 de par cet indice, ainsi que des personnes qui n'avaient jamais entraîné leur mémoire ni cherché à l'améliorer. Le niveau intellectuel et l'âge des participants des deux groupes étaient proches.

Les scientifiques ont d'abord scanné le cerveau des participants des deux groupes au repos, au cours de la mémorisation d'une liste de 72 mots et pendant qu'ils essayaient de s'en souvenir. Les champions de la mémoire ont effectivement rempli l'objectif: en 20 minutes ils se rappelaient en moyenne de 70 mots, tandis que le second groupe ne se souvenait que de 40 mots de la liste ou moins.

L'étude a révélé qu'il n'existait pas de différentes notables dans la structure du cerveau des individus ayant une mémoire phénoménale et ceux qui n'affichaient pas de telles capacités. Cependant, les contacts interneuronaux dans le cerveau des champions étaient organisés différemment: ils se formaient précisément pendant les entraînements de mémorisation, rendant le cerveau plus fonctionnel.

Puis les participants du second groupe ont été répartis en trois sections: les premiers ont suivi tous les jours pendant six semaines un entraînement mnémonique, les deuxièmes entraînaient leur mémoire à court terme en travaillant sur l'une des méthodes pour se souvenir d'une liste, et les troisièmes ne se sont pas entraînés du tout. Six semaines plus tard et quatre mois après la fin des exercices, les spécialistes ont réalisé un nouveau scan du cerveau et un nouveau test de mémoire.

Résultat: les entraînements ont porté leurs fruits. Les membres des deux premiers groupes affichaient des améliorations plus significatives chez ceux qui avaient suivi un entraînement mnémonique — qui consiste à associer les éléments de la liste à mémoriser à des événements, des lieux ou des objets, avant de reproduire l'ordre donné. Le scan a montré que les liaisons fonctionnelles dans le cerveau de ces participants avaient commencé à ressembler à celles des champions de mémoire. Ces changements étaient toujours visibles quatre mois après les entraînements.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
mémoire, science
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