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Le leader du parti néerlandais pour la liberté (PVV) Geert Wilders a reconnu jeudi sa défaite… et sa victoire.

Du point de vue de la lutte électorale les populistes de droite n'ont effectivement pas atteint l'objectif qu'ils s'étaient fixé au début de la campagne, mais ils représenteront tout de même la deuxième plus grande fraction au parlement.

Geert Wilders
© REUTERS / Dylan Martinez
Le parti populaire libéral et démocrate (VVD) du premier ministre Mark Rutte au pouvoir a remporté l'élection, même si ses députés ont perdu 8 mandats par rapport à 2012. Le parti de Wilders, au contraire, a obtenu 5 sièges de plus. Ainsi, tout en déplorant le rêve irréalisé de faire de sa force politique la plus représentative au parlement, Wilders a tout de même écrit sur Twitter: "Nous avons gagné des sièges, la première victoire est remportée". Contrairement aux félicitations envoyées au premier ministre néerlandais par les dirigeants européens qui qualifient les résultats de son parti de "grandioses" et de "rassurants", la réaction des médias occidentaux a été plus nuancée. Le discours du chef du gouvernement sortant est aussi très révélateur: "Après le Brexit et les élections aux USA, les Pays-Bas ont dit stop au populisme de mauvais aloi".

​Mais quel populisme Rutte juge-t-il alors "de bon aloi"? En 2012, le leader du VVD avait remporté les voix des électeurs en promettant la stabilité et la prospérité économique. Comme le reconnaissent les journalistes du pays, il n'a tenu aucune de ses promesses que ce soit sur le plan économique ou social. La défaite du parti de Rutte aux législatives paraissait inévitable à en croire tous les sondages, mais au dernier moment il a réussi à marquer des points en jouant sur le conflit avec la Turquie. Manifestement dans le cadre du "populisme de bon aloi", le premier ministre néerlandais, sans renier l'UE, a attaqué les Turcs en utilisant littéralement les thèses anti-migratoires de son rival Wilders du PVV. Et cela a marché.

Le succès technique du VVD est dû aux agissements agressifs du premier ministre Rutte, loin des normes de la diplomatie et du droit international, vis-à-vis de deux ministres turcs — de la Famille et des Affaires étrangères — qui ont été expulsés de facto du pays pour avoir voulu tenir un discours devant la communauté turque résidant aux Pays-Bas.

"Les Néerlandais ont voté contre les extrémistes", a écrit sur Twitter le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Toutefois, il a "oublié" que la demi-victoire du parti du premier ministre Rutte avait été remportée avant tout grâce aux décisions brutales des autorités néerlandaises, bien éloignées des valeurs européennes, contre les ministres turcs et la diaspora turque du pays — ce qui a été apprécié par les électeurs. Sur ce thème, les opinions de Geert Wilders, véritable épouvantail pour l'Europe, et le premier ministre chouchouté par Bruxelles ont entièrement coïncidé…

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
populisme, élections, Mark Rutte, Geert Wilders, Pays-Bas, Turquie
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