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    La ligne noire du métro de Saint-Pétersbourg

    La ligne noire du métro de Saint-Pétersbourg

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    Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg (54)
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    Lundi 3 avril, des extrémistes ont tenté de perpétrer un double attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg pendant la visite du président russe Vladimir Poutine.

    Une seule bombe dissimulée dans un extincteur de voiture a finalement explosé, faisant 14 morts et près de 50 blessés de différente gravité. Selon certaines informations, le blocage des téléphones des terroristes présumés a empêché d'actionner la seconde bombe. Ces derniers pourraient être prochainement appréhendés ou éliminés.

    L'explosion s'est produire à 14h40 dans le troisième wagon de la rame de métro qui circulait sur la ligne bleue du métro de Saint-Pétersbourg, quelques minutes après le départ de la rame de la station Sennaïa Plochtchad en direction de l'arrêt Tekhnologuitcheski Institout. L'onde de choc a arraché l'une des portes du wagon et a déformé les parois. Les billes métalliques se trouvant à l'intérieur de la bombe ont fauché pratiquement tous les passagers qui se trouvaient autour. Le conducteur de la rame a décidé de ne pas s'arrêter entre les stations et d'arriver jusqu'à la suivante. Selon la porte-parole du Comité d'enquête russe Svetlana Petrenko, le conducteur a ainsi permis de sauver la vie des plusieurs blessés: "Son acte a permis de procéder immédiatement à l'évacuation et à l'assistance médicale aux victimes".

    En dépit des conséquences terribles de l'explosion, aucun mouvement de panique n'a été constaté. Après l'arrivée de la rame endommagée à la station Tekhnologuitcheski Institout, les passagers ont pris l'initiative de faire sortir et d'évacuer les victimes du wagon sur le quai pour leur apporter une première aide médicale. Quelques minutes plus tard, les sauveteurs et les médecins sont arrivés sur place. Comme l'a annoncé le ministère russe des Situations d'urgence, plus de 1 200 personnes ont été évacuées.

    D'après le Comité national antiterroriste, l'explosion a fait 14 morts et 45 personnes ont été hospitalisées, dont au moins dix dans un état grave. Les blessés ont été évacués par des ambulances, mais aussi à bord de l'hélicoptère Ka-32 du ministère russe des Situations d'urgence.

    La direction générale du Comité d'enquête russe a ouvert une enquête pénale sur l'attentat (art. 205 du Code pénal russe) et l'affaire a été transmise à l'appareil central du département d'enquête sur ordre du président du Comité d'enquête Alexandre Bastrykine. En effet, son personnel a déjà pris en charge l'affaire des explosions dans le métro de Moscou et avait été chargé de donner une appréciation objective aux démarches de prévention d'attentat terroriste entreprises aussi bien par le personnel du métro que les forces de l'ordre régionales.

    Selon des sources officieuses, l'enquête dispose déjà de la photo d'un des suspects — un homme barbu filmé par les caméras à l'entrée du métro. Plusieurs témoins l'ont identifié comme l'homme étant entré dans le train à la station Sennaïa Plochtchad. Il aurait posé devant la porte un sac à dos avec la bombe et quitté le wagon juste avant le départ du train.

    L'attentat aurait pu provoquer davantage de victimes. Selon la direction régionale du Service fédéral de sécurité (FSB), aux alentours de 15h00 à la station Pochtchad Vosstania une autre bombe artisanale de conception similaire a été découverte sous un banc, également dans un sac noir. Dans les deux cas, les explosifs étaient dissimulés dans des extincteurs de voiture (plusieurs bombes de conception similaire avaient explosé en 2010 au Daghestan). L'explosif était recouvert de billes d'acier et de pièces de monnaie fixées avec de la bande adhésive. Selon les informations préliminaires des experts, la puissance des bombes était comprise entre 300 et 500 g d'équivalent TNT. Les spécialistes ne précisent pas quel était concrètement la substance explosive utilisée. Selon certaines informations, il pourrait s'agir d'un explosif à base de nitrate. D'après les informations préliminaires, les deux bombes étaient actionnables à distance avec un téléphone portable.

    Selon une source fiable, les renseignements étaient au courant de la préparation d'un attentat à Saint-Pétersbourg mais leurs informations étaient loin d'être complètes. Elles avaient été fournies par un Russe ayant collaboré avec l'État islamique (organisation terroriste interdite en Russie) et avait été arrêté lors de son retour de Syrie. Cet individu occupait le rang le plus bas dans la hiérarchie des extrémistes, c'est pourquoi il connaissait quelques membres du groupe de sabotage envoyé en Russie. Selon la source, il avait seulement une liaison téléphonique avec ses contacts.

    Ayant pu identifier par ce biais les numéros de portable des terroristes présumés, les enquêteurs ont découvert que toutes les cartes SIM avaient été achetées sur un marché et n'étaient pas attachées à des personnes concrètes, c'est pourquoi ils ont dû se limiter à l'écoute des communications des terroristes en espérant les retrouver, ou au moins découvrir des éléments de leurs plans.

    Mais les renseignements n'ont pas réussi à lever le voile sur tout le réseau: les envoyés expérimentés de Daech utilisaient très rarement le téléphone et toutes leurs conversations se limitaient à de courtes phrases sans préciser de nom, d'heure ni de lieux de rendez-vous. Après l'explosion qui a retenti dans le métro, il a fallu interrompre d'urgence la surveillance mais le travail effectué a tout de même porté ses fruits — les renseignements ont bloqué les numéros qu'ils avaient pu identifier parmi les membres du groupuscule, privant complètement de liaison tout le réseau clandestin. Le second exécuteur, resté sans liaison, a visiblement paniqué et, renonçant à son plan, a simplement laissé le sac avec la bombe sous le banc. Toutefois, ce ne sont que des informations préliminaires et non confirmées officiellement.

    Le fonctionnement du métro de Saint-Pétersbourg a été entièrement suspendu après l'attentat et seule la sortie des stations était ouverte. Les policiers et les sauveteurs ont passé au peigne fin tous les sites du métro, y compris les passages souterrains, et la circulation ne devait être relancée que mardi.

    Sur ordre de la municipalité de Saint-Pétersbourg, la circulation des transports en commun — bus, trolleybus, tramways, trains et une partie des taxis collectifs — était gratuite toute la journée. De plus, des lignes de bus provisoires ont été mises en place pour doubler les lignes du métro suite à l'attentat et la suspension totale de la circulation du métro. Sur la route appelée "Diamètre rapide Ouest" (payante) tous les péages ont été ouverts à la circulation. "La circulation restera gratuite jusqu'à ce que la situation en matière de transport se normalise dans la ville", a expliqué la compagnie Magistrale de la capitale du Nord.

    Immédiatement après l'explosion, la police des transports a renforcé les mesures de sécurité sur tous les sites contrôlés, y compris les gares et l'aéroport de Poulkovo. Le comité de l'éducation a décidé de renforcer les mesures de sécurité dans les établissements scolaires et d'instaurer un régime de travail spécial le 3 avril. Il a été prescrit aux établissements scolaires de renforcer le contrôle à l'entrée de tous les établissements, d'organiser des tests supplémentaires de sécurité et d'inspecter les territoires environnants. L'accès des visiteurs aux bâtiments devra obligatoirement être fixé dans le journal des visites. De plus, sur ordre spécial, compte tenu de la situation des transports toutes les écoles et les maternelles ont travaillé plus longtemps pour que les enfants puissent attendre l'arrivée de leurs parents sous la surveillance des éducateurs.

    Comme l'a annoncé la vice-gouverneure Anna Mitianina, sur ordre du gouverneur Gueorgui Poltavtchenko le budget municipal versera 23 millions de roubles pour aider les victimes: les familles des défunts recevront 1 million de roubles chacune, les blessés graves 500 000 roubles chacun, et les blessés légers 250 000 roubles chacun. De plus, toutes les victimes bénéficieront d'une aide médicale et psychologique à part entière dans les établissements médicaux fédéraux et régionaux. Des psychologues travaillent déjà avec les familles des victimes et des blessés, a déclaré la vice-gouverneure.

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    Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg (54)

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