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Ces derniers temps les relations entre la Russie et la Turquie, qui paraissaient plutôt amicales, se sont nettement refroidies.

La Turquie a privé les exportateurs russes de leurs privilèges sur la fourniture de produits agricoles, ce à quoi le vice-premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch a réagi en évoquant des restrictions sur les importations de produits turcs. Ce litige économique a mis en évidence les profonds différends politiques qui persistent entre les deux pays.

Les médias turcs, qui s'abstenaient encore récemment d'attaquer la Russie, se sont insurgés contre Moscou immédiatement après l'entretien entre les présidents Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine le 10 mars.

La Turquie comptait beaucoup sur cette visite et pour l'occasion, Erdogan était accompagné d'une imposante délégation incluant les ministres des Affaires étrangères, du Tourisme, de l'Économie, de l'Énergie, de l'Agriculture, ainsi que le chef du renseignement national. Ankara espérait que ce rendez-vous se solde par la levée totale des sanctions décrétées contre la Turquie après qu'un Su-24 russe a été abattu en novembre 2015 par l'armée turque. De plus, les Turcs pensaient obtenir non seulement une simplification du régime de visa mais également la possibilité de franchir la frontière sans passeports internationaux — simplement avec une carte d'identité nationale. A la veille de ce déplacement en Russie le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu avait noté que les aéroports avaient déjà apporté les changements nécessaires à la procédure de contrôle des passeports.

Malgré les affirmations réciproques d'amitié, les résultats du sommet furent très modestes. Vladimir Poutine a seulement promis de lever les visas pour les détenteurs de passeport de service et l'interdiction d'embaucher des travailleurs turcs en Russie. De plus, Moscou a rayé de sa liste noire les clous de girofle, les oignons, les choux-fleurs et les brocolis turcs, alors que les tomates, les concombres et les pommes — produits cruciaux pour les exportateurs turcs — sont restés interdits.

Erdogan a fait savoir le lendemain à quel point il avait été déçu par les résultats du sommet. La Turquie a annoncé le 11 mars la suspension de la communication de ferry avec la Crimée, rétablie en octobre 2016. Ankara a également souligné qu'il ne reconnaîtrait jamais l'adhésion de la péninsule à la Russie.

Sans oublier le "scandale des céréales" qui a éclaté entre les deux pays. Après le refus des autorités russes de lever les sanctions contre l'importation de fruits et légumes turcs mi-mars, Ankara a privé les producteurs russes de leurs privilèges sur les fournitures de céréales: les taxes pour la vente de blé et de maïs russes ont atteint 130%, et 45% pour le riz. Le vice-premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch a évoqué l'adoption de nouvelles restrictions sur la livraison de produits turcs.

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Tags:
relations, dialogue, Arkadi Dvorkovitch, Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan, Turquie, Russie
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