Ecoutez Radio Sputnik
    Hommes de Néandertal. Image d'illustration

    Le régime cannibale, nécessité ou rituel?

    © Pixabay
    Lu dans la presse
    URL courte
    286

    Le paléontologue britannique James Cole a calculé le nombre de calories contenues dans un régime alimentaire cannibale type pour conclure qu'à aucune époque, manger ses semblables n'a été choisi pour des raisons nutritives, écrit le site Scientific Reports.

    Ces dernières années, les scientifiques ont trouvé de nombreuses preuves que les premiers habitants d'Europe pouvaient se nourrir de la viande de leurs ennemis ou des membres de leur tribu. Par exemple, l'an dernier, des paléontologues ont découvert que les hommes de Néandertal des grottes de Marillac (Poitou-Charentes) faisaient éclater les os de leurs proches et séparaient leurs membres.

    L'homme de Neandertal
    © Photo. Capture d'écran. YouTube
    Néanmoins, de nombreux chercheurs estiment que de telles lésions pouvaient faire partie d'un rituel d'obsèques. Récemment, le paléontologue Johannes Krause a retrouvé les premières preuves tangibles de cannibalisme chez l'homme de Néandertal en découvrant une grotte remplie d'os humains avec des traces de "traitement culinaire" au nord de l'Espagne.

    Aujourd'hui, de nombreuses tribus cannibales de Nouvelle-Guinée et dans d'autres régions du monde ne mangent la viande, le cerveau et d'autres tissus humains que dans le cadre de rituels et non à cause d'un manque de nourriture. Il se pourrait donc que des pratiques similaires aient existé parmi les hommes de Néandertal et de Cro-Magnon.

    Le chercheur britannique James Cole a prélevé des échantillons de tissus sur quatre volontaires pour calculer le nombre de protéines, de graisses et de glucides qu'ils contenaient afin d'établir une sorte de "tableau de valeur nutritive" pour différentes parties du corps humain. L'expert a ensuite comparé la "valeur nutritive de l'homme" à celle des animaux dont les restes ont été découverts dans les grottes des cannibales.

    D'après les calculs, l'homme s'avère bien moins calorique que ses éventuels "concurrents" au rôle de plat principal sur la table de l'homme de Néandertal. En moyenne, un adulte "contient" près de 32 000 kilocalories, ce qui est un indice normal pour des animaux de taille "moyenne" comme les castors, les chevreuils ou les blaireaux.

    Tandis que les sangliers, les grands cornus et les ongulés peuvent apporter au chasseur entre 10 et 20 fois de plus de produits nutritifs — de 200 000 calories pour les chevaux sauvages à 980 000 kilocalories pour les buffles ancestraux. La viande de mammouth contenait 100 000 fois plus de kilocalories que les muscles d'un homme ou de l'homme de Néandertal. Même compte tenu de la graisse, de la moelle osseuse et d'autres parties du corps comestibles, une tribu de 25 hommes de Néandertal aurait pu tenir seulement une demi-journée avec la viande et la graisse d'un homme, alors qu'un mammouth ou un rhinocéros laineux pouvaient nourrir une tribu pendant au moins 10 jours, voire un mois.

    Cela remet sérieusement en cause la théorie selon laquelle les hommes de Néandertal auraient été cannibales uniquement pour des raisons nutritives: c'était plus dangereux et moins avantageux du point de vue énergétique que la chasse à la mégafaune de l'Europe à l'époque de la période glaciaire.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

    Lire aussi:

    On en sait plus sur la disparition de l’homme de Neandertal
    Mariage voué à l’échec: quand une Cromagnonne rencontre un Néandertalien
    Téhéran estime que Washington a abattu l'un de ses propres drones par erreur
    Tags:
    régime alimentaire, homme de Neandertal, paléoantropologie, chercheurs, paléontologie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik