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    La Russie n'adhérera jamais à la coalition américaine

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    La Russie ne se joindra jamais à la coalition antiterroriste internationale menée par les États-Unis en Syrie, en dépit des propositions formulées périodiquement par certains politiciens occidentaux.

    Cette décision sans équivoque de Moscou s'explique avant tout par l'illégitimité des actions de la coalition. Sachant que, selon le chef de la commission aux affaires internationales du Conseil de la Fédération ( chambre haute du parlement russe ) Konstantin Kossatchev, « la Russie et l'Occident ont tous les deux besoin d'une coalition internationale efficace » mais que « certaines conditions doivent être remplies pour sa formation ».

    Strike Eagles, chasseurs-bombardiers d'assaut américains. Archive photo
    © REUTERS/ U.S. Air Force/Senior Airman Matthew Bruch/Handout
    Le problème de la coalition américaine est que ses actions n'ont pas reçu l'aval officiel de Damas, qui leur aurait permis de mener une opération en Syrie. Cette intervention n'a pas non plus été entérinée par une résolution appropriée du Conseil de sécurité des Nations unies. Ainsi, la Russie, qui a été officiellement invitée par Damas à apporter son aide pour combattre les terroristes en Syrie, ne peut pas rejoindre la coalition internationale dont les actions ne respectent pas le droit international. Ce thème a également été évoqué pendant le récent entretien entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d'État américain Rex Tillerson à Moscou.

    La Russie n'a jamais caché sa volonté d'unir ses efforts avec l'Occident pour lutter contre l'État islamique. En 2014 déjà, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré à l'Assemblée générale des Nations unies qu'une large coalition internationale était nécessaire mais qu'elle devait s'appuyer sur une base légale.

    D'après Konstantin Kossatchev, la création d'une coalition russo-occidentale pour lutter contre le terrorisme est un scénario « très sollicité » car l'union des efforts permettrait de remplir plus efficacement les missions antiterroristes.

    « Pour cela, une seule condition est nécessaire: la coalition doit définir un objectif très clair qui est d'éliminer le terrorisme en Syrie. Il ne doit y avoir aucune mission secondaire ou voilée. Actuellement, la coalition occidentale ne cache pas que l'éradication du terrorisme en Syrie n'est que l'un de ses objectifs en Syrie et qu'elle veut aussi renverser le gouvernement de ce pays. La Russie ne peut pas prendre part à une telle coalition et ne le fera pas. Dès que nos collègues annonceront que l'ingérence dans les affaires syriennes n'est plus à l'ordre du jour et coopéreront avec les autorités syriennes dans le cadre légal pour régler le problème du terrorisme, alors il n'y aura plus aucun obstacle de notre côté », a expliqué le sénateur.

    Ce dernier rappelle que l'Occident a proclamé l'objectif de renverser le président syrien Bachar al-Assad avant que les terroristes ne prennent le contrôle d'une partie du territoire syrien. Ce plan a provoqué un conflit intérieur en Syrie dont les groupes extrémistes ont profité. C'est pourquoi, d'après Konstantin Kossatchev, l'Occident est le premier responsable de ce qui s'est produit. Et d'ajouter que, dans tous les cas, une éventuelle coalition devrait disposer d'un mandat légal pour agir.

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    Tags:
    lutte antiterroriste, États-Unis, Russie
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